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10月28日 Death Proof
[ Cliquer sur les photos pour les afficher en taille réelle depuis leur site web d’origine ] Pour ceux d’entre vous qui viendraient d’une autre planète, Quentin Tarantino est le metteur en scène de Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994), Kill Bill I (2003) et II (2004), Death Proof (2007) et du récent Inglourious Basterds (2009). Le fait qu’il soit né comme moi en 1963 n’a évidemment rien à voir avec le fait que (1) il adore littéralement les pieds féminins et que (2) je suis un inconditionnel de ses délires cinématographiques. Selon un article publié en 2007 sur le site Associated Content cité par Tenebrae en février 2009 sur son blog, ce serait Uma Thurman qui aurait révélé l’attirance assumée du metteur en scène, lequel se défend par ailleurs d’être un fétichiste. Il est vrai que les quelques images de Death Proof (Boulevard de la Mort en français) publiées ci-dessus prouvent définitivement le contraire. Dommage qu’il aime les pieds féminins et non les chatouiller : cela aurait pu nous offrir quelques moments d’anthologie. Je vous avouerai sans détours que j’ai naturellement un faible pour la photo en bas à gauche. Le contraire vous aurait déçu, j’imagine. Et pour terminer ce billet, qu’il me soit permis d’y glisser une citation du (non) coupable issue des dialogues du film Pulp Fiction : On sait qu'on a trouvé quelqu'un de spécial quand on peut la boucler et partager un silence agréable. Enfin, dans le contexte de mes fantasmes de chatouilles, un silence agréable présuppose quand même l’usage d’un bâillon. Je ne suis d’ailleurs pas persuadé préférer personnellement le silence à quelques suppliques sincères et honnêtement obtenues. Sourire pour moi et rires pour elle. 9月25日 Bondage - technique de la double corde – version 2Cette technique de bondage constitue une seconde version de la technique de la double corde, dont la première a été publiée dans ce billet. Elle a pour objectif d’attacher l’un à l’autre et joints (parallel tie en anglais) les poignets ou les chevilles de votre partenaire, libres ou à un point fixe comme par exemple un barreau de lit. Comme dans la première version, elle utilise une corde double, mais la boucle est ici utilisée dès le début pour serrer les liens. Cette technique montre aussi comment terminer ce bondage, étape souvent délicate pour les novices.
PS : j’avais publié ce billet il y a un an environ. Lors de sa relecture, je me suis aperçu que les images ne s’affichaient pas ou plus dans le bon ordre, en regard des étapes. En voici donc une nouvelle version corrigée et complétée par l’option du point d’attache fixe. 9月22日 Trente milleLe cap des 30 000 pages visitées a été dépassé ces dernières heures. Cela fait dix mille pages lues en près de deux mois puisque mon billet “vingt mille” datait du 13 juillet. Et je ne comprends toujours pas, voire même de moins en moins, ce qui explique ce chiffre, sinon l’hypothèse des robots de référencement des moteurs de recherche. Ce blog est une île. Il y a quelques jours, un visiteur anonyme m’a envoyé un message privé glacial me demandant quel était l'objectif de ces quelques billets. Je ne lui ai pas répondu. Lorsqu’en 1996 j’ai créé un des premiers sites français traitant de knismolagnie, je venais de découvrir sur le Web que je n’étais pas seul au monde. Ce fut une révélation mystique : j’appartenais à la première génération de l’histoire de l’humanité qui pouvait assumer ses fantasmes en connaissance de cause. Mon but fut alors de communiquer, de partager les histoires que j’avais déjà écrites mais aussi et surtout de rechercher une partenaire de jeu. Aujourd’hui, le monde a changé : tout ou presque a été écrit, les sites Web font forcément du business et l’artisanat local a été phagocyté par la la toute puissante World Company. Ce blog est donc une île, un atoll perdu au milieu du Pacifique, trop petit pour être référencé sur une carte et forcément condamné par l’inexorable montée des eaux. Il n’y aura donc pas de billet titré “quarante” ou “cent mille” : parce que le sujet est clos pour le premier, et à cause du réchauffement climatique pour le second. Et parce que la seule chose qui importe vraiment, c’est de vivre ses fantasmes avec une fille formidable. Dans une semaine. 9月17日 La théorie du K.O.
9月12日 Treizième lecteurUn treizième internaute a acheté “Treize Nuits avec Rusalka” ce 11 septembre. Tous ces treize, ça doit forcément porter chance. Le plus surprenant, c’est que ce treizième lecteur est… napolitain. Après la Belgique, mon petit public continue donc de s'européaniser. Je trouve ce clin d'oeil plutôt flatteur. Quoi qu’il en soit, à lui comme aux douze autres, je lui souhaite une excellente lecture. 7月24日 Bonnes vacancesDans les prochaines semaines, si vous voulez me contacter, vous me trouverez plutôt par ici…
…ou alors par ici si j’ai de la chance avec la météo (plafonds au Jalouvre à 3 000 mètres)…
… ou alors par ici avec un petit vent du Nord (au-dessus du col des Aravis)…
7月13日 Vingt mille
Le cap des 20 000 pages visitées a été atteint dans la nuit du 10 au 11 juillet. Ce chiffre ne veut rien dire, naturellement, car je n’ai aucun objectif en cette matière. Tout au plus s’agit-il d’une information derrière laquelle il me plaît d’en trouver d’autres. Qui êtes-vous, visiteurs anonymes et silencieux ? D’où venez-vous ? Quels sont vos centres d’intérêts ? Pourquoi venez-vous me rendre visite ? Les statistiques de Windows Live, mon hébergeur, m’apprennent que de manière générale, vous arrivez sur une page de mon blog de trois types de points d’accès :
Concernant ce dernier point, je vous livre en toute transparence les 50 derniers mots clés utilisés. Le plus surprenant dans cette liste – outre la position outrageusement dominante de Google (qu’il convient donc d’écrire définitivement avec une majuscule mdr) – c’est que mon blog semble traiter autant des chatouilles que du BDSM en général et du bondage en particulier. Est-ce un signe ? Sûrement un “cygne d’étang”…
7月11日 Fantasme pour pieds nus de KENZOKI
MASSAGE RELAXANT DEROUTANT JEU DE PIEDS CADENCE Plonger les doigts dans le pot et, sans attendre, Cela ne s’invente pas. J’ai un peu de peine à imaginer que celui ou celle qui est à l’origine de ce produit ne soit absolument pas fétichiste, à cause de la présence surprenante et insistante du mot “fantasme” dans les textes. Les conseils de massage, plus conventionnels, s’inspirent des techniques de réflexologie plantaire dont je ne saurais trop vous conseiller de tenter un jour l’expérience dans un spa de qualité ; je garde pour ma part un souvenir impérissable d’un rêve en duo avec ma partenaire de jeu chez Terre de Jade. Je me permettrai juste d’apporter une suggestion personnelle : après avoir massé longuement et sensuellement les pieds de votre princesse, armez-vous de patience en leur accordant un repos de quelques minutes, pour leur laisser le temps de s’imprégner de la chaleur voluptueuse née de vos caresses. Profitez-en pour lui demander si elle ressent de légers picotements agréables sur la surface de ses plantes, de ses coussinets, à la base de ses orteils. Si elle vous répond par l’affirmative, vous saurez tous les deux que sa sensibilité cutanée aura sans doute augmenté dans des proportions terrifiantes. Ensuite, je ne peux que vous suggérer de l’attacher TRES solidement, avant de commencer la séance de torture dont vous rêvez tous les deux. Et si l’addiction de votre princesse porte sur les tortures absolument insupportables, l’intensité de son supplice sera telle qu’elle ne voudra pour rien au monde l’interrompre. Privée de toute échappatoire, ne lui laissez alors pas l’ombre d’une chance et torturez-la jusqu’à épuisement total. 7月4日 Anticipation en V.O.C’est Tenebrae qui est à l’origine de ce billet. Il me faisait remarquer récemment que sans remettre en cause mes choix - “les nouvelles appartiennent à leur auteur” (sic) – il préférait la première version de “Anticipation”, défendant l’idée qu’elle portait en elle une force que la version épurée de “Treize Nuits…” avait perdue. Plus particulièrement, me confiait-il, cette première version incluait un crescendo dans le supplice de Mehrnouch trouvant son apothéose dans la fin de l’histoire, qui renvoyait Mehrnouch dans son cauchemar, sans espoir de s’échapper ni même de comprendre. Ces arguments avait piqué ma curiosité, suffisamment en tous cas pour me donner envie d’aller fouiller dans mes archives. J’ai retrouvé la version originale, publiée sur le site de l’Initiation en janvier 2000. Presque dix ans déjà. Et je dois avouer sa (re)lecture m’a ébranlé. Je me suis même demandé plusieurs fois si c’était bien moi qui était l’auteur de certains passages. Sans changer d’avis pour autant car je revendique aujourd’hui plus que jamais ma préférence pour la version de “Treize Nuits…”, plus homogène – pour ce qui en est du supplice, respect de la règle des trois unités d’action, de temps et de lieu –, moins candide et dont la fin fait référence au film “Avalon” dont je suis un admirateur inconditionnel. Mais comme Tenebrae me confiait qu’il n’avait malheureusement conservé qu’une copie scannée de la première version, je lui devais bien ce billet. Par compassion, bien sûr. 6月19日 Artisanat local
Il y a fort longtemps, j’avais découvert la photo d’un supplice original : la victime était allongée à plat ventre sur un chevalet capitonné de cuir noir, ressemblant à une table de massage. Son visage dépassait de l’extrémité de la table, face à un écran de télévision posé sur le sol, lui-même relié à une caméra vidéo, en circuit fermé, dont l’objectif était dirigé sur ses plantes de pieds chatouillées de manière fort adroite par quelque bourreau dont l’histoire, hélas, n'a pas retenu le nom. La suppliciée avait l’heureux privilège d'assister, en direct et de manière détaillée, à son propre supplice. Je n’ai personnellement eu la chance de réaliser ce fantasme que deux fois au cours de ma vie de fétichiste passionné, la seconde tout récemment dans des conditions exceptionnelles et éblouissantes sur lesquelles je ne manquerai pas de revenir dans un prochain billet qui leur sera tout entier dédié. Mais souvent, en cette matière comme en tant d’autres, une image – ou une vidéo – vaut mieux qu’un long discours. Inutile de vous préciser que l’objectif de ce film n’a jamais été de concurrencer les productions alléchantes des multinationales dont les publicités envahissent nos chers forums spécialisés, d’ailleurs pas plus sur la forme que sur le fond, souvent maquillé comme une voiture volée. Cette courte vidéo – deux minutes quinze secondes sur les cinquante-cinq originales – est une friandise, un moment de sincérité et un parangon d’artisanat local militant. C'est aussi et surtout, le symbole d'une fusion sans nuance et d'une révélation dont le souvenir magique hante désormais mes jours et mes nuits. 6月17日 Regards complicesJe dois vous avouer que cela fait plusieurs mois que j’hésite à publier ce billet. Tant et si bien que j’ai oublié l’origine de cette photo qui me trouble tant. “Kink.com” ou “.ca” sans doute, mais peu importe. Avant de vous confier ce que j’aime dans cette photo, je dois vous préciser ce que je n’y aime pas : les marques de flagellation sur le dos, un des nombreux aspects du BDSM avec lesquels je prends clairement mes distances. Bien sûr qu’il serait naïf de nier que les jeux de chatouilles soient imprégnés de domination et de soumission. Mais frapper ma partenaire de jeu, avec un fouet, une badine ou même une plume, avec son assentiment ou à sa demande, est l’antithèse de mes fantasmes : je n’en éprouve aucun désir et n’y éprouverais aucun plaisir. Frapper est l’antithèse des chatouilles. Alors pourquoi cette photo me trouble-t-elle tant ? Pour appeler un chat un chat – celui que l’on ne fouette donc pas -, j’aime passionnément cette image, parce qu’elle me raconte une histoire qui me plaît. Oublions donc les marques de flagellation et imaginons que ce dos soit indemne. Imaginons que ce jeu qui vient d’être partagé était bien une terrible séance de torture, mais de chatouilles. J’aime avant tout le regard du Prince, mais j’y reviendrai. J’aime l’attitude de sa princesse, à la fois fière, insolente et soumise : non seulement elle est prête à recommencer mais plus encore, elle le désire follement. J’aime qu’elle ne soit pas totalement nue, qu’elle porte cette petite jupe sexy qui accentue l’attrait de ses charmes dévoilés. J’aime qu’à ses poignets soient attachés les bracelets de cuir, témoins des jeux passés et promesses de ceux à venir, car de toute évidence nous sommes au cœur du jeu. J’aime aussi, justement, que ses poignets ne soient pas attachés, tandis que la position de ses bras laisse penser le contraire. Soumission. J’aime aussi cette queue de cheval, tellement adaptée aux jeux les plus endiablés, et souvenir de mes années de fac d’éducation physique. J’aime aussi la position de ses mains détendues, de ses longs doigts qui se croisent. J’aime enfin ce petit tatouage sur l’épaule, signe d’empreinte, métaphore du lien qui unit la princesse à son Prince, de leur complicité, de leur fusion sans nuance. J’aime enfin, parce qu’elle me raconte une histoire, tout ce que cette photo ne me dit pas. Que va-t-il lui murmurer ? Va-t-il lui dévoiler son prochain supplice, ou bien peut-être son enjeu ? Est-elle pieds nus ? Porte-t-elle également des bracelets à ses chevilles ? Voit-elle le chevalet sur lequel il s’apprête à l’entraver, le chevalet de son prochain supplice ? Peut-être va-t-il cette fois lui attacher les orteils, étirés, bien écartés, pour l’y torturer sans aucune pitié ? Mais j’en reviens toujours au regard, celui que l’on voit et surtout celui que l’on devine dans celui que l’on voit. Deux regards complices, forcément, follement, inconditionnellement. Jouer, c’est fusionner. PS : les termes consacrés de Maître et de soumise ne m’ont jamais plu, surtout le second. Si je considère que le Tickling est bien une forme de BDSM dont il convient de ne pas renier les origines sinon nier les affinités, il faut aussi et surtout que le Tickling sache créer sa propre identité, exister en tant que pratique BDSM à part entière, avec sa maturité et sa propre personnalité tactiles. J’ai donc choisi d’utiliser les mots de Prince et de princesse (attention aux majuscules) qui me conviennent mieux et sont surtout en symbiose avec ma propre histoire. 6月7日 La naissance d’un fantasme – la piscine
“Dans le jardin à présent délaissé, résonnaient encore les cris et les rires de la bataille : les seaux gisaient sur le gazon, avec le tuyau d'arrosage, éparpillés au hasard des derniers combats. L'eau claire de la piscine paraissait encore agitée des plongeons et des ébats joyeux des jeunes filles.” 6月6日 Be the change you wish to see in the world
6月3日 La naissance d’un fantasmeJe trouve que la naissance du fantasme d’une lee est un instant magique. Même si elle porte en elle ce désir depuis toujours, le moment de la révélation me fascine, celui où pour la première fois, elle prend conscience de son plaisir d’être chatouillée. Comme le plus souvent cette expérience remonte à son enfance, son plaisir y est d’abord innocent. Plus tard, avec l’éveil de sa sexualité, elle s’aperçoit peu à peu qu'il s’enrichit d’une excitation troublante parce qu’inédite et irrésistible. - Te souviens-tu de la première fois ? Je la regarde en souriant, savourant le goût délicieusement acidulé de sa confidence, tout en jalousant secrètement cet inconnu qui, sans le savoir, partagea avec elle ce moment unique, et eut l’immense privilège de l’éveiller. Mais était-ce vraiment sans le savoir ? 5月13日 No limitGage n°2 : te trouver toi-même un gage (absent de ma liste bien sûr). Gage n°3 : jouer sans safeword. Ce troisième gage m’a été inspiré par le site Nest Gathering, dans la rubrique “Kidnapping Scenarios”. Je trouve follement excitante cette idée de te faire subir un supplice sans te laisser disposer du recours ultime, sans aucun espoir d’échappatoire. Excitante par sa lumineuse et terrible simplicité. Excitante parce qu’elle prend le contre-pied des règles BDSM qu’il convient de ne pas prendre au pied de la lettre. Excitante parce que, et surtout parce que… ...à réserver à des partenaires expérimentés, et s’accordant donc une confiance aveugle. As-tu assez confiance en moi pour accepter ce gage ? PS : je m’interroge par conséquent aussi sur le caractère raisonnable de cette disposition dans le cadre des kidnappings du NEST. Dans une nouvelle de “Treize Nuits…”, je pourrais comprendre mais au NEST, c'est déjà plus difficile. A ce propos, saviez-vous quelle était la signification de l'acronyme ? En tous cas, comme je l'ai lu sur le TMF, l'ignorer est le plus sûr moyen d'y passer pour un bleu, un vrai rookie. Ce qui ne vous arrivera pas puisque NEST signifie “North East Society of Ticklephiles”. La culture, c'est comme la confiture... entre les orteils, et avec la langue ! 5月12日 Douzième lecteur“Treize Nuits avec Rusalka” compte depuis le 5 mai un douzième lecteur, et le premier Parisien (voir mon billet du 18 février dernier). Je le remercie et lui souhaite une bonne lecture. 5月8日 I Love Tickling5月5日 BasculerChatouiller jusqu’à atteindre ce moment magique où tu bascules, où l’univers chavire, où le temps suspend son vol. Chatouiller jusqu’à te faire perdre contrôle et lucidité. L’instant magique ne se saisit pas d’évidence. Il est furtif, ne s’apprivoise pas, reste sauvage. Il attise ma curiosité parce que je te l’offre sans pouvoir comprendre ton abandon. Je ne peux que l’esquisser, tenter de l’imaginer. Que ressens-tu lorsque tu bascules dans cet autre monde, ce troisième monde ? Ton esprit s’arrête de penser, m’as-tu confié, comme une absence, une suspension. La sensation extrême de planer, de flotter. Les mots sont difficiles à trouver, puisque déjà il faudrait te souvenir de ces instants où ton esprit est immobile dans le vide. Que se passerait-il si le supplice alors se poursuivait, si j’ignorais tes suppliques et m’aventurais avec toi, pour toi, un peu plus loin ? Juste un tout petit peu. Certaines choses ne s’imaginent pas. Elles doivent se vivre. Vouloir les rêver, c’est risquer de ne jamais les connaître. La seule qui importe est de te laisser tenter, de t’en remettre à moi et à la confiance que tu me portes, puis de t’abandonner, de me laisser t’emmener, te chatouiller, étirer le temps, patiemment, obstinément, jusqu’au moment de basculer. 4月29日 SupplierJ’ai cité Aristote dans mon billet du 4 février : “L'infini n'est pas un état stable, mais la croissance elle-même”. Cette phrase a pris la semaine dernière une dimension nouvelle. Inconsciemment ou pas, j’ai toujours considéré que la recherche de l’intensité était un objectif incontournable des jeux de chatouilles. Ne juge-t-on pas l’expert dans sa capacité à faire supplier sa victime ? “Elever les chatouilles au rang de supplice” m’écrivait un internaute ce matin. L’esprit du jeu est de nuancer cette recherche d’intensité en l’imprégnant des fantasmes de sa proie, en répondant à ses désirs dont celui d’aller toujours plus loin et parce que cette quête l’excite plus que les autres. D’accord, mais pourquoi le moment de supplier est-il un fantasme partagé ? Tout d’abord, l’idée de supplier n’a rien à voir avec la soumission, et certainement pas au sens où l’entendent communément les jeux BDSM. Dans les jeux de chatouilles, le moment de supplier est celui où la suppliciée lâche prise, perd tout contrôle et s’en remet totalement à son bourreau. La sémantique BDSM définit ce moment comme le sub-space, je crois. La proie ne se soumet pas, jamais : elle bascule dans le vide, elle perd pied. Rien à voir avec une quelconque humiliation ou soumission. Tout à voir avec la confiance, l’abandon, la fusion. Nous sommes au bord de la falaise et le vent chaud lèche ton visage. Tes chevilles et tes poignets sont attachés. Tu regardes ce vide qui t’attire irrésistiblement. Tu sens ma main dans ton dos qui te pousse doucement, très doucement, inexorablement. Et le moment vient où tu bascules. Vais-je te rattraper au tout dernier moment ? Allons-nous basculer ensemble, accrochés l’un à l’autre, en base-jump ? C’est peut-être la raison pour laquelle il s’agit d’un fantasme partagé. C’est aussi un moment rare, qui ne se prévoit pas, mais qui se partage forcément. On le cherche, mais on ne sait dire exactement si et quand on va le trouver. Ce qui lui confère une saveur particulière. Une autre idée se cache aussi derrière celle de supplier. Car l’instant est fugace : lorsque tu me supplies vraiment, lorsque tu utilises le safeword ou que tes mots ou le son de ta voix deviennent soudain différents, alors nous savons tous les deux que le jeu s’achève. Ou plutôt se suspend : une fois que tu m’auras supplié d’arrêter, tu me supplieras de recommencer. Finalement, qu’y a-t-il alors de pire pour un bourreau que de supplicier une victime trop chatouilleuse ? Parce que si elle supplie trop rapidement, si le but est atteint dès qu’il le décide, presque sans difficulté, alors n’est-ce pas une forme de frustration pour lui que de devoir se contrôler, retenir ses gestes, chatouiller pour rire, pour ne pas obliger sa proie à lâcher prise trop vite, sans avoir profité pleinement du supplice. “Si à chaque fois, le supplice devient de plus en plus intense, m’as-tu écrit, alors jusqu’où irons-nous ?” Je ne sais pas. Mais j’ai follement envie d’aller voir. Aller voir si Aristote a raison. 4月18日 Le Crayon NageoireJ’ai relu cette semaine les trois premières histoires publiées dans “13 Nuits avec Rusalka”. Je me suis surpris à retrouver cet instrument de torture que j’avais créé à l’époque sur les lieux du tournage de “L’Initiation d’Isabel”, et que j’avais dénommé le “crayon nageoire”. Voici une copie actualisée de la page de l’Initiation qui lui était consacrée. LE CAHIER DES CHARGES
Si la plume constitue l’instrument de torture fétiche par excellence, elle présente toutefois quelques inconvénients. Elle est fragile et délicate : sa grande souplesse, surtout à sa pointe, ne permet pas d’appliquer une pression importante sur la peau. Si la victime n’est pas très chatouilleuse, la plume n’est souvent pas suffisante pour susciter des sensations vraiment insupportables. De plus, les effets de la torture ne sont maximaux que lorsque la pointe de la plume est parfaitement formée, ce qui est difficile à garantir longtemps dans la mesure où le bourreau qui souhaite intensifier les sensations a tendance à appuyer plus fort sur la peau, déformant ainsi son instrument. Et interrompre le supplice pour lisser la plume peut être un obstacle majeur. L’idéal serait donc de disposer d’un instrument possédant les caractéristiques naturelles de la plume tout en étant moins sensible à la déformation sous pression. Le “crayon nageoire” est cet instrument. Pour le construire, il faut disposer de trois ustensiles de base : un crayon de papier, un petit élastique et surtout, une nageoire de queue d’un poisson. Le dernier composant est bien entendu capital : de lui dépend la qualité de l’instrument de torture. Il faut absolument que le poisson soit de première fraîcheur car après quelques heures, la nageoire de l’animal se dessèche et perd sa souplesse. Il convient également de choisir une queue aux formes pointues à ses extrémités supérieures et inférieures, mais néanmoins pas trop effilées afin de garantir une rigidité adéquate génératrice des sensations de chatouilles extrêmes. Dans l’exemple qui suit, j’ai utilisé la queue d’un mulet de taille moyenne, pêché de surcroît par votre serviteur avec un fusil à air comprimé. LE MONTAGE DU CRAYON-NAGEOIRE La première étape consiste à laver soigneusement l’animal, l’odeur restant évidemment le défaut principal de l’instrument. Les plus sensibles d’entre vous sur le plan olfactif utiliseront sans doute un déodorant pour éviter que leur salle de torture n’évoque rapidement la criée du Guilvinec.
Pour la troisième étape, il convient d’enrouler la base de la queue autour de l’extrémité du crayon (ou de tout autre objet présentant des caractéristiques similaires). Travaillez avec soin et faites en sorte que les extrémités pointues de la queue arrivent exactement à la même hauteur, afin qu’elles puissent chatouiller la peau de votre victime simultanément. D’ailleurs, le crayon nageoire présente cet avantage par rapport à la plume, d’offrir deux extrémités pointues chatouilleuses.
La quatrième et dernière étape consiste à attacher la queue enroulée au crayon. Vous pouvez par exemple utiliser un élastique. Le plus facile est sans doute de préparer l’élastique autour des doigts, en le bouclant plusieurs fois sur lui-même, avant de le faire glisser le long du crayon. La seule contrainte est de disposer d’assez de force dans les doigts pour passer les deux doigts tenant l’élastique autour du crayon. Au moment où vous relâcherez alors la tension en retirant vos doigts, l’élastique se resserrera pour immobiliser fermement la queue du poisson. |
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