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日志


4月18日

Le Crayon Nageoire

J’ai relu cette semaine les trois premières histoires publiées dans “13 Nuits avec Rusalka”. Je me suis surpris à retrouver cet instrument de torture que j’avais créé à l’époque sur les lieux du tournage de “L’Initiation d’Isabel”, et que j’avais dénommé le “crayon nageoire”. Voici une copie actualisée de la page de l’Initiation qui lui était consacrée.

LE CAHIER DES CHARGES

Si la plume constitue l’instrument de torture fétiche par excellence, elle présente toutefois quelques inconvénients. Elle est fragile et délicate : sa grande souplesse, surtout à sa pointe, ne permet pas d’appliquer une pression importante sur la peau. Si la victime n’est pas très chatouilleuse, la plume n’est souvent pas suffisante pour susciter des sensations vraiment insupportables. De plus, les effets de la torture ne sont maximaux que lorsque la pointe de la plume est parfaitement formée, ce qui est difficile à garantir longtemps dans la mesure où le bourreau qui souhaite intensifier les sensations a tendance à appuyer plus fort sur la peau, déformant ainsi son instrument. Et interrompre le supplice pour lisser la plume peut être un obstacle majeur.

L’idéal serait donc de disposer d’un instrument possédant les caractéristiques naturelles de la plume tout en étant moins sensible à la déformation sous pression. Le “crayon nageoire” est cet instrument.

Pour le construire, il faut disposer de trois ustensiles de base : un crayon de papier, un petit élastique et surtout, une nageoire de queue d’un poisson. Le dernier composant est bien entendu capital : de lui dépend la qualité de l’instrument de torture.

Il faut absolument que le poisson soit de première fraîcheur car après quelques heures, la nageoire de l’animal se dessèche et perd sa souplesse. Il convient également de choisir une queue aux formes pointues à ses extrémités supérieures et inférieures, mais néanmoins pas trop effilées afin de garantir une rigidité adéquate génératrice des sensations de chatouilles extrêmes. Dans l’exemple qui suit, j’ai utilisé la queue d’un mulet de taille moyenne, pêché de surcroît par votre serviteur avec un fusil à air comprimé.

LE MONTAGE DU CRAYON-NAGEOIRE

La première étape consiste à laver soigneusement l’animal, l’odeur restant évidemment le défaut principal de l’instrument. Les plus sensibles d’entre vous sur le plan olfactif utiliseront sans doute un déodorant pour éviter que leur salle de torture n’évoque rapidement la criée du Guilvinec.

crayon_nageoire_1La seconde étape, plus tranchante, consiste à séparer la queue de son propriétaire. Attention de ne pas couper trop court, car une fois désolidarisée du corps de l’animal, la nageoire a tendance à perdre ses formes initiales pour s’aplatir fortement. Attention, ce dernier point peut surprendre le néophyte jusqu’à susciter une vraie déception.

Pour la troisième étape, il convient d’enrouler la base de la queue autour de l’extrémité du crayon (ou de tout autre objet présentant des caractéristiques similaires). Travaillez avec soin et faites en sorte que les extrémités pointues de la queue arrivent exactement à la même hauteur, afin qu’elles puissent chatouiller la peau de votre victime simultanément. D’ailleurs, le crayon nageoire présente cet avantage par rapport à la plume, d’offrir deux extrémités pointues chatouilleuses.

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La quatrième et dernière étape consiste à attacher la queue enroulée au crayon. Vous pouvez par exemple utiliser un élastique. Le plus facile est sans doute de préparer l’élastique autour des doigts, en le bouclant plusieurs fois sur lui-même, avant de le faire glisser le long du crayon. La seule contrainte est de disposer d’assez de force dans les doigts pour passer les deux doigts tenant l’élastique autour du crayon. Au moment où vous relâcherez alors la tension en retirant vos doigts, l’élastique se resserrera pour immobiliser fermement la queue du poisson.

4月17日

Mille et une nuits

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Source des illustrations :
MTJ Publishing, Tales From The Asylum #20
BDSM Artwork, Artist DAMIAN

La légende rapporte que chaque nuit, Shéhérazade racontait à son amant, le sultan, une histoire dont elle promettait toujours la suite pour le lendemain, évitant ainsi d’être suppliciée.

Une autre légende raconte qu’Abderam, le frère du sultan, avait enlevé la princesse hongroise Raymonda pour l’épouser. Comme elle refusait de se soumettre, le seigneur Sarrazin l’avait livrée à ses odalisques, dont l’expertise dans les supplices les plus raffinés n’avait d’égale que leur jalousie maladive à l’égard des nouvelles rivales, particulièrement lorsqu’elles étaient étrangères.

“Aucune marque” avait été la seule consigne de leur maître, avant de livrer la captive aux supplices.

Malgré son exceptionnelle résistance et sa détermination farouche, Raymonda finit par craquer, supplier ses bourreaux d’arrêter tout en promettant de se soumettre au prince. Mais les odalisques avaient pris goût à chatouiller la belle étrangère aux jolis pieds sensibles, et jouissaient du plaisir coupable de la voir se tordre sous leurs tortures en hurlant de rire. Elles s’abstinrent donc de rapporter à leur maître la capitulation de leur proie, et poursuivirent les terribles et délicieux supplices. Naturellement, lorsque le prince Abderam s’aperçut de la forfaiture de ses odalisques, il les condamna à prendre la place de leur victime, pour une durée indéterminée.

Trop tard toutefois pour la belle princesse Raymonda qui était déjà devenue dépendante, victime d’addiction tactile. Adberam était condamné à torturer sa belle toutes les nuits, afin de satisfaire les désirs irrésistibles qu’il avait lui-même sinon initiés, tout au moins follement embrasés. Condamné à la torturer mille et une nuits…

4月10日

La couleuvre sensuelle

“Elle ouvre les draps et s’y glisse avec une aisance de sirène. La voilà sur moi, chaude et souple, ondulante, ses jambes étreignent les miennes, ses bras se nouent à mon cou, tout son merveilleux corps est une caresse enveloppante et si persuasive, si suggestive (…) son aptitude à se lover contre moi, telle une couleuvre sensuelle”.
Françoise Rey, Métamorphoses

Je me suis longtemps demandé quels étaient mes désirs profonds lorsque se dénouaient les derniers liens et que le jeu s’achevait. J’ai longtemps vécu avec l’idée qu’il fallait nécessairement conserver une certaine distance avec ma partenaire de jeu, physique j’entends, au-delà de l’intimité tactile du jeu lui-même. Le supplice était un monde sensuel, et l’après supplice cédait la place une relation cérébrale. A cette époque, je n’entremêlais chatouilles et excitation sexuelle que dans mes nouvelles. C’était ainsi, une convention tacite que j’avais acceptée sans poser de questions. Sans me poser de questions.

Se donner comme règle de ne pas mêler le sexe aux chatouilles est un choix respectable, qui permet aussi d’éluder des questions délicates. Ce n’est pas celui de mes fantasmes. En acceptant les risques inhérents, j’ai toujours considéré l’orgasme forcé (traduction de l’anglais en tant que pratique BDSM, même si ma partenaire et moi trouvons le terme impropre) comme un ingrédient indissociable de mes fantasmes de chatouilles. Le jeu est tactile mais aussi éminemment sexuel. Rien à voir bien sûr avec des rapports conventionnels. Je parle de tout autre chose. J’ai eu récemment la chance de pouvoir transformer ce rêve en réalité, et de la manière la plus agréable qui soit. Après ce jeu, j’ai laissé ma couleuvre venir se lover contre moi, et j’ai découvert combien cette proximité tactile m’était aussi agréable que le jeu lui-même, et constituait surtout son naturel et délicieux prolongement. C’est une question de sensualité avant d’être, peut-être aussi, une question de sentiments.

Cette dernière question est délicate mais certainement pas propre au jeu. En voici donc une autre, beaucoup plus intéressante selon moi, que Françoise Rey pose quelques pages plus loin dans sa nouvelle “Question de goût” : “J’ai retrouvé plus tard, chez des hommes, des hommes faits, mûrs déjà, imbus de leur rôle de dispensateur de plaisir, la même joie passionnée du don, le même orgueil narcissique, la même fausse générosité. Régner sur le plaisir de l’autre, c’est se voir magnifique dans son regard chaviré, magnifique et redoutable, car c’est aussi, quelque part, le dominer et le réduire. Il y a sans doute la même ivresse à prodiguer la volupté que la douleur, et il n’est pas hasardeux que parfois les deux se rejoignent sous le fouet d’un bourreau raffiné.”

Comment ne pas tomber dans ce piège, comment jouer sans réduire ? Tout comme le sexe, la domination est aussi un ingrédient du jeu, mais une domination jouée, simulée. Je te déshabille, je t’attache, je te torture. Mais où se trouve alors la ligne à ne pas franchir ? Régner sur le plaisir de l’autre, c’est refuser – ou lui refuser – de s’abandonner. Il y a un danger véritable à n’être que bourreau, celui de cette domination insidieuse, de cette fausse générosité. Ce danger se cache dans le jeu lui-même, d’autant mieux quand il est intense et étourdissant. Sans doute la réponse à ces questions est-elle à chercher dans la volupté des chatouilles qui confère à celle du plaisir une ivresse particulière. Dans cet ordre précis. Il n’est pas hasardeux qu’à ce risque, Françoise Rey ait associé précisément une image BDSM : la volupté et la douleur. La douleur ? Certes, mais qu’en est-il de l’exaspération ? Si vous ne voyez pas, demandez-le à votre partenaire de jeu.

4月3日

La brosse à dents des experts


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C’est en tout cas ce que prétendait la publicité. J’entrai dans le magasin avec cet à priori, bien décidé à le mettre à l’épreuve de la compétence d’un expert. Je me dirigeai d’un pas assuré vers le linéaire sur lequel une bonne quinzaine d’instruments étaient soigneusement alignés.
A première vue, rien ne me permettait  de distinguer le bon grain de l’ivraie.
- Bonjour Monsieur, puis-je vous aider ? fit une charmante voix juste derrière moi.
J’avais de la chance. Le conseiller était une conseillère : de grands yeux verts, cheveux bruns mi-longs, la quarantaine resplendissante et une silhouette élancée de danseuse de ballet : oui décidément, j’avais vraiment de la chance. Si en plus la belle était compétente – et je n’osais imaginer le contraire – cet achat mêlerait certainement l’utile à l’agréable.
- Bonjour, répondis-je en lui adressant un sourire enjôleur. Je recherche une brosse à dents électrique.
- Et à quel usage la destinez-vous ? Hygiénique ou tactile ?
- Tactile.
- Parfait.
Le sourire qui éclaira son visage me révéla sa préférence de me conseiller sur cet usage plutôt que l’autre. Son expérience en la matière n’était peut-être pas uniquement théorique. Tant mieux. Seuls les retours d’expérience vécue méritent notre confiance.
- La première chose que je vous conseille, reprit-elle en m’entraînant vers l’extrémité du rayon, c’est de vous orienter vers un appareil à double brosse. Leur efficacité est meilleure. Les mouvements simultanés des deux brossettes sont redoutables.
Après une courte pause pour me laisser le temps de bien intégrer son argument, elle reprit :
- Ensuite, il faut absolument éviter les brosses tournantes, qui sont beaucoup trop irritantes dès lors que vous envisagez un supplice prolongé. Est-ce votre cas ?
- Tout à fait.
- C’est bien ce que je pensais. Les brosses vibrantes n’ont pas ce défaut et leurs effets sont donc plus intenses, à la limite du supportable. Imaginez : 7 600 mouvements par minute, plus de 120 par seconde, aucune victime un tant soit peu chatouilleuse ne peut y résister.
Voyez, nous avons regroupé sur cette partie du rayon les produits les plus adaptés à un usage tactile. Quels sont les endroits que vous préférez torturer: la plante du pied, le talon, les orteils ?
- Cela dépend des circonstances. Les endroits sensibles varient d’une séance à l’autre, mais la base des orteils est presque toujours sensible. De même d’ailleurs que la pointe des gros orteils.
- Vous semblez avoir quelque expérience en la matière. Est-ce votre premier achat ?
- Oui. Mais il y a quelques années, j’ai utilisé une brosse à dents électrique en une seule occasion. L’expérience ne fut guère concluante et pourrait même être qualifiée d’échec. Je dois toutefois vous préciser qu'il s’agissait d’un instrument mono brosse, tournante de surcroît.
- Je vois. Vous aviez en effet peu de chances. Aujourd’hui, les instruments de torture bénéficient des résultats de plusieurs années de recherche dans des laboratoires
spécialisés.
- Et pour l’autonomie ?
- Les appareils que nous vous proposons ont une autonomie d’une vingtaine de minutes. En outre, le temps de rechargement est assez rapide pour vous permettre d’enchaîner plusieurs séances dans la même journée, si vous le souhaitez.
- C’est le cas.
- Une dernière chose importante : si votre victime est très chatouilleuse, je vous conseille un modèle pouvant également être utilisé sans l’embout, c’est-à-dire sans la partie supportant les deux brossettes.
La jeune femme s’empara alors d’un des appareils dont elle désolidarisa l’embout du manche, avant de me montrer l’extrémité dénudée de ce dernier :
- Comme vous le voyez, les brosses vibrantes sont animées par cette petite pièce de métal, fine et aplatie. Le supplice nécessite une certaine dextérité, mais il est possible de torturer votre victime en effleurant sa peau directement avec cette pièce. Entre les orteils, croyez-moi, ces chatouilles sont absolument insoutenables. Il convient toutefois de faire preuve d’adresse, car plus légèrement vous effleurerez, plus intense
sera l’exaspération. En revanche, si vous appuyez un peu trop, juste un peu, vous induirez une sensation douloureuse et désagréable.
- Bien. Vos explications sont claires et vos arguments convaincants.
- Et par ailleurs, mes derniers conseils valent également pour l’usage de la brosse à dents électrique en général. Je dis souvent à mes clients que c’est un instrument d’horloger, pas de forgeron. Si vous voyez ce que je veux dire.
- Je vois parfaitement. D’ailleurs, je vais même vous acheter deux appareils : s’il sont aussi efficaces que vous l’affirmez, je pense que soumettre ma victime à un double supplice sera intéressant. Prolonger la torture en pareilles circonstances pourrait alors avoir un charme tout particulier.
- Je n’en doute pas, comme je ne doute pas de son plaisir. Avez-vous la carte de fidélité ?
- Absolument.
- Dans ce cas, nous vous offrons en cadeau un flacon d’huile de massage. Un complément qui vous sera bien utile, pendant et après l’utilisation de vos instruments de torture.

3月30日

La onzième lectrice

Ce billet d’abord pour vous faire partager ma joie – modeste et non prétentieuse – de compter depuis le 25 mars un onzième lecteur de “Treize Nuits avec Rusalka”. Un onzième lecteur qui est d’ailleurs une lectrice. Merci Nadine, je te souhaite une excellente lecture.

Ce billet ensuite pour vous faire partager ma déception de n’avoir toujours pas eu le plaisir de lire un seul commentaire sur la page de TheBookEdition. D’où la modestie de ma joie, car ce silence laisse à penser que mes histoires ne plaisent pas suffisamment pour donner envie de partager. Mes lecteurs et lectrices sont-ils déçus ou seulement timides ?

Blog Stats 20090330Ce billet enfin pour vous dire que vous êtes de plus en plus nombreux à venir vous balader sur les pages de mon blog. Le nombre symbolique de 10 000 pages lues a été dépassé il y a quelques jours. La moyenne hebdomadaire est de l’ordre de 500 pages visitées. Vous restez toutefois ici aussi des visiteurs désespérément anonymes, en refusant (sauf rares exceptions confirmant la règle) de me laisser le moindre commentaire. Je vous concèderai que l’obligation de posséder un compte Live Mail soit une contrainte, mais une contrainte pouvant être levée en trois clics de souris tout en préservant votre anonymat en est-elle vraiment une ? Je ne le crois pas, et pour plusieurs raisons que vous connaissez déjà. Dommage donc. Comme je l’écrivais récemment, animer un blog sur le thème de la knismolagnie est définitivement un monologue. Ou plus exactement un dialogue, dont vous ne lisez par ailleurs que mes seuls propos. Bien fait pour vous. S’il s’agissait d’un véritable monologue, sans doute aurais-je déjà depuis quelque temps sinon glissé la porte sous le paillasson, tout au moins réduit le nombre de mes billets à sa portion congrue. Je suis sûr que ma princesse captive avait depuis longtemps deviné pourquoi il me plaisait qu’elle reste dans l’ombre.

3月3日

Knismolagnie : paraphilie du tout

Tu penses sans doute que tes fantasmes de chatouilles ne sont qu’une pratique sexuelle curieuse, exotique et inoffensive. Tu te demandes peut-être s’ils relèvent du BDSM ou du fétichisme. Bonne question. Mais pendant que tu dissertes gentiment sur ton forum favori, un détail t’échappe, un petit point rouge qui glisse lentement sur les murs de ton antre. Il vient de s’immobiliser. Sur toi.

Pourquoi ? Parce que des psychiatres américains ont donné à tes chers fantasmes le redoutable nom de paraphilies (paraphilias). Des listes de ces pathologies sont présentes un peu partout sur la toile, comme par exemple sur le blog de ce jeune canadien :  “Le Silence”.

Si tu l’ignorais, sache qu’être excité sexuellement par :

  • le fait de toucher ou d’être touché s’appelle la naphephilie,
  • le bondage s’appelle la vincilagnia,
  • les pieds s’appelle la podophilie (le “fétichisme des pieds” n’est donc qu’une définition),
  • le fait de se faire chatouiller par une plume s’appelle la pteronophilie,

Et surtout, bien sûr :

Ca ne s'invente pas.

Certaines paraphilies sont tellement ahurissantes que tu douteras peut-être de leur réalité. Sauf que les mêmes psychiatres s’accordent pour les qualifier de déviances et de perversions. Sauf exception, les paraphilies ne touchent que les hommes : si tu es une fille, tu peux dormir tranquille. Soit tu n’as pas de fantasmes, soit tes fantasmes sont totalement bénins (sur le plan psychiatrique). Sauvée : le petit point rouge vient de disparaître.

En revanche, si tu es un mec, tu restes en joue. Pendant que tu es encore libre de tes mouvements, profites-en pour lever tes derniers doutes en tapant “paraphilia tickling” ou “paraphilie knismolagnie” sur Google. Moi, ce qui me dérange, ce ne sont pas tant les listes qui comportent quelques évidences pathologiques condamnables. Non, ce qui me dérange, c’est l’amalgame que l’on y fait entre – par exemple et justement – la pédophilie et la podophilie. Une lettre, une seule petite lettre, mais qui change beaucoup de choses.

Du coup, je trouve que tout ceci est plutôt inquiétant, voire franchement flippant. La déviance et la perversion sont des mots lourds de sens, qui se définissent uniquement par rapport à une majorité forcément garante de normalité : est-ce donc uniquement parce que nous sommes peu nombreux que notre fantasme est jugé sans appel comme une déviance et une perversion ? “La folie, c'est la loi de la majorité” : c'est de Terry Gilliam et c’est dans “L'Armée des Douze Singes”. Or le problème avec la majorité, c'est que même quand elle a tort, aucune minorité n'est crédible pour le prouver : la majorité a donc toujours raison. J’avais écrit sur l’Initiation que “la folie et la normalité ont toujours été sujets à interprétation. Au cours de l'Histoire, et récemment encore avec la psychanalyse, la question s'est posée avec acuité. Le fou est celui qui dérange, que l'on ne comprend pas, qui s'écarte de la majorité silencieuse. Sa vision du monde passe par un prisme déformant qu'il est seul à percevoir. Il est toujours plus facile de juger que de définir”. Il semble naturel de penser que la knismolagnie, comme toutes ses copines, sont des maladies qu’il convient de traiter, et dont il convient de guérir. De gré ou de force ? Bonne question. Et pour les réfractaires ? Ostracisme, enfermement dans un centre spécialisé, persécution peut-être ? A qui as-tu osé jusqu'ici avouer tes fantasmes de chatouilles ? A personne ? Alors comment est-il au courant, celui qui est à l’autre bout du petit point rouge ?

Pour toutes ces raisons, j’ai sursauté en découvrant cette photo incroyable sur un post de TickleTheatre.  L'originale est publiée sur le site du magazine de mode américain W, dans un diaporama montrant des “jeunes filles jouant aux jeunes délinquantes dans des situations compromettantes”, entre une série de clichés de Madonna et une autre de Brad Pitt. Sans blague. J’ai peut-être mal vu, mais la fille sur le lit, elle a bien les chevilles attachées et elle se fait chatouiller les pieds, non ? La légende doit être écrite par un martien parce qu'elle ne parle que de vêtements en satin, de Jean Paul Gaultier, d’une boutique à Santa Monica et d’une autre à New-York. Hallucinant, non ? Au moins autant que la liste des déviances et perversions sexuelles qu’on appelle paraphilies. A ton avis, cette photo, c'est de la naïveté, de la provocation, du cynisme – la knismolagnie comme argument marketing – ou un simple contrepied ? J’aime assez l’idée du contrepied, mais ce serait sans doute de la naïveté.

Pour conclure sur une note positive, je vois au moins une bonne nouvelle dans tout ceci : si je me retrouve un jour enfermé avec ma partenaire de jeu dans un centre spécialisé – avec des pièces capitonnées totalement insonorisées et des lits à contentions intégrées – je doute fort qu’on s’y ennuie une seule seconde. Si seulement on nous laisse y jouer en paix.

2月24日

La théorie des cordes – le supplice

Supplice des cordelettes - bondage (1)

HEPAC / Projet TDC-PFIS-10111202
Protocole expérimental – réf. VI
FL-9-2-12.v01

ETAPE 1 – LE BONDAGE

La prisonnière est attachée sur le lit, jambes jointes, les pieds positionnés à l’extérieur de la structure métallique.

Le bondage de ses pieds est un élément essentiel préalable à l’efficacité du supplice. Son objectif est d’obtenir leur parfaite immobilisation dans une position présentant les caractéristiques suivantes :

1 – Mise en extension forcée des plantes, lissant la peau et augmentant la sensibilité tactile : cette position est obtenue par la mise en extension des premiers orteils.

2 – Ecartèlement forcé des orteils et dégagement des espaces entre ceux-ci, afin d’y permettre les chatouilles et surtout, le glissement des cordelettes sans que la prisonnière puisse s’y opposer : cette position est obtenue par la mise en extension latérale des cinquièmes orteils (suffisante).

Cette immobilisation intégrale des pieds de la prisonnière a pour objectif d’augmenter l’intensité de ses sensations tactiles et de libérer les mains du bourreau pour les chatouiller. Elle se déroule en trois étapes successives :

1 - Ses chevilles sont liées l’une à l’autre en technique de double corde, incluant leur fixation à l’armature du lit  (matériel utilisé : corde alpine Ø 8 mm).

2 – Ses premiers orteils sont liés l’un à l’autre par la même technique de double corde. Le bourreau les force ensuite à l’extension maximale par pression progressive et prolongée. Ensuite, la corde est attachée à l’armature du lit, maintenant les orteils dans cette position et par conséquent, la plante des pieds en extension (matériel utilisé : corde polypropylène Ø 6 mm).

3 – Ses cinquièmes orteils sont attachés à l’armature métallique en position écartelée. Nous utilisons une seule corde pour attacher successivement les orteils des deux pieds : la corde est d’abord attachée à l’armature du lit, puis vient s’enrouler autour du cinquième orteil sous un angle de 30°, repart ensuite vers l’armature du lit sous un angle de 60°. Elle va ensuite attacher l'orteil de l'autre pied en prenant le chemin inverse (matériel utilisé : corde polypropylène Ø 6 mm).

Supplice des cordelettes - bondage (2)

ETAPE 2 – L’APPRET

Une fois les pieds de la prisonnière attachés en position vulnérable, ils sont enduits d’huile de massage. L'objectif de cette enduction est de faciliter le glissement des cordelettes entre les orteils et d’accentuer ainsi l’intensité des sensations de la prisonnière.

L’enduction d’huile peut aussi être considérée comme une torture à part entière, et être prolongée ou accentuée aux endroits les plus sensibles, dont évidemment à la base et entre ses orteils. Elle permet d’apprêter la prisonnière en vue du supplice des cordelettes qui constitue sa véritable séance de torture, en mettant ses récepteurs sensoriels cutanés dans un état de réceptivité maximale. Compte tenu de la présence d’une cible précise (base des orteils et espaces entre les orteils), la technique de torture par alternance a été utilisée : le bourreau chatouille successivement la zone cible et une zone de substitution, sur des durées équivalentes ou plus faible pour la zone cible afin d’y éviter toute saturation sensorielle. Parce qu’elles varient dans le temps, les zones de substitutions font généralement l’objet d’une recherche par exploration.

Zones de substitution

Les zones de substitution torturées sont indiquées en rouge sur la photo ci-contre.

Les préliminaires ne sont jamais prolongés de manière excessive : leur objectif est d’exciter les zones cibles pour en augmenter la sensibilité jusqu’à atteindre le point maximum, mais sans le dépasser. La saturation sensorielle des zones cibles est évitée à tout prix. Plusieurs séances de torture préalables permettent d’évaluer précisément l’évolution de sensibilité des zones cibles sous la torture et de déterminer le point de sensibilité maximal.

Remarque : l'apprêt est souvent plus efficace lorsque la prisonnière en est consciente, ainsi que du supplice auquel elle va être soumise, surtout dans le cas où elle se sait vulnérable. Cette information peut lui être communiquée verbalement par le bourreau ou bien, si elle n’est pas aveuglée, par la présence des instruments de torture dans son champ visuel.

ETAPE 3 – LE SUPPLICE

Paradoxalement, le supplice n’est pas l’étape la plus difficile sur un plan technique. Après une dernière enduction d’huile, les cordelettes des instruments de torture sont placées entre les orteils de la prisonnière. Le bourreau exerce ensuite une traction simultanée sur les axes auxquels sont attachées les cordelettes. Ces dernières glissent lentement entre les orteils, provoquant la torture par des sensations de chatouilles extrêmement violentes.

Efficacité du supplice des cordelettes

L’expérimentation a démontré que les sensations les plus intenses étaient obtenues avec :

1 – Un glissement des cordelettes le plus lent possible,

2 – Un important angle d’inclinaison des cordelettes par rapport au pied de la prisonnière : cet angle peut être obtenu en utilisant l’armature du lit comme axe en dessous duquel on fait passer les cordelettes (voir schéma ci-contre).

Compte tenu de sa sensibilité extrême, plusieurs variantes de ce supplice sont testées sur la prisonnière :

1 – Torture simultanée de ses deux pieds : les huit cordelettes des deux axes coulissent simultanément entre les orteils de ses deux pieds. Option : le bourreau saisit les deux axes d’une seule main, libérant ainsi son autre main pour intensifier le supplice en soumettant les zones sensibles de substitution de ses pieds à une torture complémentaire (ex. doigts, ongles, brosse à dents électrique).

2 – Torture alternée de ses deux pieds : chacun de ses pieds est soumis au supplice pendant quelques secondes, le bourreau faisant glisser les cordelettes de quelques centimètres, avant de passer à l'autre pied. 

3 – Torture d’un seul pied à la fois.

Les variantes 2 et 3 libèrent naturellement une des mains du bourreau pour soumettre les pieds nus à une technique de torture complémentaire. La technique de torture complémentaire qui s'avère la plus efficace utilise une brosse à dents électrique à deux brossettes. Les zones de substitution sont chatouillées, avec un effet particulièrement intense sur le sommet du premier orteil. Les sensations les plus insoutenables sont obtenues avec la seconde variante, combinée avec la torture à la brosse à dents électrique sur les zones de substitution et cibles de l'autre pied.

ISSUE DU SUPPLICE & CONCLUSION

Avec l'immobilisation intégrale de ses plantes de pieds en extension forcée et les orteils écartelés, et après un apprêt rigoureux, le supplice des cordelettes est une épreuves d'une redoutable efficacité pour une prisonnière sensible entre ses orteils. Le glissement des cordelettes sur une longueur approximative de 4 à 5 mètres est suffisante pour faire supplier une prisonnière résistante aux autres formes de torture. Par conséquent et en conclusion des tests menés, les prototypes d'instruments de torture du projet TDC-PFIS-10111202 sont validés en l’état et immédiatement déployés dans l’ensemble des Centres de la Fédération.

Pour ce qui en est de la prisonnière qui fut au coeur de ces expériences, compte tenu de sa résistance mais surtout de son exceptionnelle sensibilité cutanée, il a été décidé de la garder en captivité afin de la soumettre à d'autres protocoles expérimentaux de l'HEPAC, ou plus simplement, de poursuivre plus avant l'exploration des variantes du supplice de la théorie des cordes.

2月5日

La théorie des cordes – instruments de torture

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HEPAC
Rapport de Synthèse du Projet TDC-PFIS-10111202

Dans le cadre des recherches menées par l’Ecole et suite aux premiers travaux dont les résultats ont été publiés en décembre 2008, l’unité du Professeur Peheff a monté une équipe projet pour construire un prototype d’instrument de torture permettant d'augmenter l'intensité des sensations induites.

Les travaux de recherche ont été menés sur une durée de cinq semaines, mobilisant trois étudiants-chercheurs de dernière année supervisés par la Direction de l'Unité. Le projet a comporté les quatre phases suivantes (méthodologie ORY-TLS-2008 v2) :

  • Phase 1 : élaboration du cahier des charges sur base des résultats des expérimentations menées sur les pieds d’un sujet hypersensible,
  • Phase 2 : identification des invariants, dimensionnement des paramètres, formulation des hypothèses et choix de la solution nominale,
  • Phase 3 : construction du prototype – axe 24 x 4 x 1,5 cm + 4 drisses polypropylène 6 mm x 180 cm, écartement 2 cm – fixation scotch isolant électrique PVC

Deux prototypes avec un différentiateur de couleur ont été construits, en vue du test grandeur nature (phase 4) qui sera mené pour valider des résultats de recherche. Le choix des deux prototypes a été motivé par la nécessité de pouvoir (1) mener des tests comparatifs simultanés (en parallèle) sur les deux pieds du sujet, et (2) valider l’hypothèse de faisabilité d’un hyper-supplice (intensité 4-2-152). Ces tests seront menés courant semaine 7.

Documentation complémentaire dans l'album Bondage - accessoires

2月4日

L'horizon souligne l'infini


infini

Ma partenaire de jeu me faisait remarquer tout à l’heure que les sujets récents de mon blog ne traitaient plus des chatouilles. “On dirait”, me confiait-elle, “que tu as plus envie de me dominer que de me chatouiller”. Je plaide coupable : le BDSM a pour moi l’irrésistible attirance de la beauté du diable. La quête de l’esprit du jeu m’a trop éloigné de mes bases. Comme l’écrit José Carlos Somoza : “ Il faut de temps en temps affronter ce que nous n’aimons pas. Ce que nous n’aimons pas est comme un ami honnête : il nous offense en nous disant la vérité”. Je m’en suis aperçu à mes dépens sur deux forums. Retour sur mes terres.

Certains concepts font invariablement vaciller notre raison, et tout particulièrement celui de l'infini. Une chose peut-elle réellement ne pas avoir de limites ? Une chose peut-elle réellement ne jamais avoir de fin ? Et dès lors, ne jamais non plus avoir eu de commencement ? Loin de moi l'idée d’entamer une réflexion théologique prétentieuse : “je ne crois ni à dieu, ni au diable. Cela m'évite d'être désappointé” ai-je entendu dans les dialogues du Jeanne d'Arc de Besson.

Dans le cadre de mes chers fantasmes, ce concept de l'infini pose une question intéressante : ma partenaire de jeu peut-elle être infiniment chatouilleuse ? Si le concept paraît forcé, il ouvre le débat des graduations sur l'échelle de la sensibilité tactile. Et dès lors de la définition d'une borne supérieure, si elle existe. L’expérience nous a appris que la sensibilité aux chatouilles dépend de nombreux facteurs, et peut varier considérablement d’un jour à l’autre, par exemple. Cette même expérience nous a également enseigné les techniques et méthodes qui permettent d’augmenter cette sensibilité. Mais dans quelles proportions ?

Il existe peut-être un univers où son supplice peut durer une éternité, un monde où le glissement d’une cordelette entre ses orteils soigneusement immobilisés peut la rendre vraiment folle, l’obliger à supplier désespérément, prête à tout pour interrompre cette insupportable torture. Mais dans la réalité ? Combien de temps avant qu’elle ne suffoque sous mes caresses ? Quelle est la meilleure technique pour lui faire perdre toute notion d’espace ou de temps ? “L'infini n'est pas un état stable, mais la croissance elle-même” a écrit Aristote. La recherche de l’intensité, c’est donc avant tout être à son écoute, à celle de ses désirs et de ses réactions. Rien n’est écrit. La chatouiller, c’est avant tout vouloir s’immiscer au cœur de ses fantasmes. Une lee a un jour écrit que ce qu'elle aimait particulièrement, c'était le moment où on arrêtait de la chatouiller : elle avait alors l'impression de retourner à la vie, après avoir cessé de respirer. J'adore cette idée.

La petite gâterie graphique qui accompagne ce billet sont l’un comme l’autre des résurgences de L’Initiation. Un couloir sans fin qui, à bien y penser, donne vraiment le vertige. Comme lorsqu’elle voit mes doigts s’avancer irrésistiblement vers ses pieds nus minutieusement ligotés. Ensuite, le jeu se joue à deux. C’est alors, comme l’écrit Victor Hugo, “l'horizon qui souligne l’infini”. Un infini qui se mérite, à chaque fois différent, à chaque fois réinventé.

2月3日

L’apprêt

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Les préliminaires sont des instants magiques. Le jeu ne commence jamais à la première chatouille, mais longtemps avant. Dans son roman “Clara et la Pénombre”, José Carlos Somoza parle de l’apprêt, ou l’art d’apprêter la toile avant de la peindre. Dois-je vous préciser que dans son roman, les toiles sont des êtres vivants ?

L’apprêt, parce qu’il ne s’agit pas seulement de jouer, simplement de chatouiller. L’apprêt, parce qu’il appartient au bourreau de mener rituellement sa proie au sacrifice, de faire grandir son désir au-delà de ses rêves les plus improbables. L’apprêt, parce que le désir naît de l’absence et la proie doit subir l’imprégnation du désir de son bourreau, et inversement. L’apprêt, parce que c’est à ce moment que le bourreau apprend à sa proie à réagir au plus léger effleurement. L’apprêt, parce de la qualité des préliminaires dépendent la complicité, l’intimité et l’intensité du jeu. L’apprêt, parce le jeu est un art, tout simplement.

Ensuite, viennent les derniers jours, les dernières heures, puis enfin les dernières minutes. Le désir devient épidermique, paroxysmique, animal, presque douloureux. Mais le bourreau ne se jette pas pour autant sur sa proie. Frank Herbert, dans “Dune”, parle du spannungsbogen  comme du délai que l’on s’impose entre le désir d’une chose et l’action de s’en saisir. Ce délai est aussi une marque de respect du bourreau envers sa proie.

Et finalement, lorsqu’il s’impose enfin comme une évidence, vient le moment sublime de la première chatouille, le moment indicible de l’immersion, de la plongée en eaux profondes, au milieu de ce tourbillon de sensations insupportables et follement excitantes. Le temps de la fusion, le temps d’après.

PS : cette étourdissante photo est extraite de la partie preview du site WaterBondage.

1月28日

Points de suspension

suspension2 Dans mes précédents billets, j’ai fait référence au forum BDSM francophone Le Dojo. Je ne vous avais pas encore dévoilé la principale raison qui m’a incité à m’y inscrire. La voici. J’ai récemment eu l'occasion de jouer avec ma délicieuse partenaire dans un endroit approprié à un bondage des mains en élévation : je l’y avais attachée debout, dos à un poteau, les mains croisées et relevées au-dessus de sa tête. Pour ses poignets, j’avais utilisé de confortables bracelets de cuir. J’imagine qu’il n’est pas utile de vous préciser où je souhaitais plus particulièrement la chatouiller. Si vous ne me suivez pas, la photo de droite devrait vous mettre sur la voie.

J'ai alors été surpris de découvrir que cette position, même avec des liens soignés ne coupant pas la circulation, lui devint d’abord rapidement inconfortable puis douloureuse. Naturellement, dans les jeux de chatouilles, la douleur est proscrite car elle prive la victime de sa sensibilité. Mais ce qui m'a le plus étonné, ce fut la vitesse à laquelle elle ressentit des fourmillements désagréables dans ses mains : une petite vingtaine de minutes à peine.

Intrigué, j’ai posé la question sur le forum Le Dojo. Et obtenu plusieurs réponses intéressantes.

suspension1 Premier élément, toute position suspendue dans laquelle les mains ou les pieds sont placés au-dessus du niveau du cœur entraîne ce type de désagréments. En cause : l’afflux de sang dans les extrémités des membres élevés qui est considérablement diminué. La rapidité d’apparition du phénomène est proportionnelle à la différence de hauteur entre les extrémités des membres et le cœur. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bondage n’est donc pas la principale cause de ces sensations gênantes, même si des liens serrés et concentrés sur les poignets en accéléreront la vitesse d’apparition.

Second élément, ces fourmillements ne sont pas dangereux, juste désagréables. En matière de sécurité, il convient de demander régulièrement à votre partenaire de bouger rapidement ses doigts et ses orteils (méthode dite de Lew Robins) : détachez-la immédiatement si elle éprouve la moindre difficulté pour réaliser ces mouvements. Dans le même esprit, toute modification de la couleur de ses doigts ou de ses orteils (ex. qui s’assombrissent, bleuissent…) ou de leur température doit inciter à sa libération sans délai. Cette dernière remarque est vraie dans tous les cas et pas seulement concernant les suspensions.

Troisième élément, dans les jeux BDSM, le caractère désagréable des fourmillements peut diminuer avec l’expérience et devenir moins anxiogène. Est-ce toutefois suffisant pour ne plus être une contrainte en matière de sensibilité cutanée dans le cadre des supplices de chatouilles ? Je l’ignore.

Afin de limiter l’apparition des fourmillements, les membres expérimentés du Dojo conseillent de :

  1. Répartir les points de contention (bondage) sur les avant-bras et les bras, c’est-à-dire de ne pas attacher la suppliciée uniquement par les poignets,
  2. Abaisser autant que possible les extrémités de ses membres : par exemple, si vous souhaitez attacher votre partenaire au pilier d’un lit superposé, une position bras écartés latéralement (en croix, sur les côtés du lit) sera préférable à une position bras relevés au-dessus de la tête. Autre exemple : si vous souhaitez l’attacher à une poutre, préférez deux points de suspension écartés (bras déployés latéralement) à un seul point de suspension situé à sa verticale (bras plus ou moins tendus au-dessus de sa tête).

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PS : la dernière photo de ce billet provient de l’intéressant site canadien kinks.ca dédié au bondage.

1月22日

Appelez-moi Maître

J’ai souvent regretté l’époque du Web des années 90 et la disparition des sites artisanaux au profit du tout commercial. Cette évolution n’a toutefois pas été totalement négative. Premièrement parce Google est aujourd’hui infiniment plus sophistiqué qu’à l’époque et répond de manière plus exhaustive à mes questions. Deuxièmement, parce qu’en matière de BDSM et de bondage, on trouve aujourd’hui plusieurs forums francophones intéressants, sans parler des blogs qui les complètent avec leur touche personnelle. Enfin, troisièmement, parce qu’aujourd’hui, les sites pédagogiques de bondage existent en nombre et qu’il est désormais possible de s’initier en surfant sur les tutoriaux en ligne (vous trouverez quelques liens utiles sur ce blog). Par rapport aux années 90, en synthèse, le bilan semble donc plutôt positif.

Comme tout amateur de chatouilles qui se respecte, je cherche toujours à améliorer mes techniques de bondage. Je me suis donc inscrit à deux forums BDSM. Dans la procédure d’inscription à l'un d'entre eux, on m'a demandé d’indiquer mon “rang” ; j'avais le choix entre “Dominant”, “Maître”, “soumise”, “esclave” et “Switch” (attention aux majuscules). Points de suspension. C’est quoi, la différence entre “Dominant” et “Maître” ?

Une petite recherche sur Google me conduit sur le post d’un autre forum, Le Paradis des Reines Dominantes, qui se définit comme un “Empire d'échanges sur la Domination et la soumission” (attention aux majuscules). L’administratrice du forum, Madame FleurDeLys, répond directement à ma question dans son post “Sujet: Quelle est La Différence entre le Maître et le Dominant ?”. Ce texte m’a pour le moins troublé et je n’ai pas résisté à l’envie de le “traduire” dans le contexte des jeux de chatouilles M/f (attention aux majuscules) :

Le Maître est une personne qui joue avec une soumise ; toute personne ne jouant pas avec une soumise s'appelle un Dominant. Le Maître considère sa soumise comme sa partenaire de jeu exclusive et entière, sans limitation de temps ou de lieu. Il recherche les désirs et besoins de sa soumise et veille à les faire “grandir”. Le Maître règne sur la vie de sa soumise. Il gère sa propre vie mais sa soumise reste la première préoccupation de ses temps libres. Les séances de chatouilles ont pour but de faire progresser sa soumise. Il maîtrise les pratiques et les jeux. Il surveille les sensations et réactions de sa soumise. Il sait libérer le processus de sécrétion d'endorphine. Il observe constamment les changements corporels de sa soumise et la mène au sub-space. Il veille à l'après-séance et au retour au calme de sa soumise et à ses besoins.

Il a le contrôle total de la relation et veille au bien-être de sa soumise. Les limites fixées dans le cadre de la relation sont considérées comme des occasions de progresser. Sa soumise a des devoirs et des astreintes. Il considère sa soumise comme une personne rare et précieuse qu'Il façonne avec le temps et les jeux. Il a un rôle d’Homme, d'ami, de guide et de protecteur. Ses prérogatives s'entendent sur toutes les facettes de la vie de sa soumise (physique, mental, moral, matériel...), ce qui donne à la relation une “réalité” (puissance ou importance) bien plus forte que le mariage. Il y a, en général, signature d'un contrat qui explicite les rôles et règles de vie et/ou de jeux. Ce contrat est normalement basé sur des règles de D/s, leurs limites convenues et la durée de la relation (approuvé par les deux partenaires). Le contrat ne peut être rompu que par le Maître qui en gère aussi le renouvellement et les modifications utiles.

J’ai coloré en bleu les passages qui m’ont le plus troublé, et créé aussi deux liens vers Wiki. Dans ma traduction, j’ai hésité à remplacer le terme de “soumise” par “partenaire de jeu” car dans les jeux de chatouilles, adopter une attitude soumise est inappropriée. Au-delà des stéréotypes D/s (attention aux majuscules) comme être ligotée et torturée, la soumission s’arrête dans les jeux de chatouilles à l’acceptation des épreuves (et de leurs bondages associés) choisies par le Maître dans le respect des règles consensuelles. J’ai commenté cet aspect dans le billet “Hommage aux victimes” du blog de Tenebrae. Après réflexion et malgré ces différences majeures, j’ai toutefois conservé le terme de “soumise” pour ne pas dépouiller totalement le billet original de son âme.

Dans les jeux de chatouilles, le Maître (LER ou Tickler) domine donc sa soumise (LEE ou Ticklee) dans la mesure où celle-ci est attachée et subit ses tortures. Ce pouvoir n’est pas sans contrepartie : pour que sa sa soumise accepte de subir l’épreuve, il se doit de la considérer avec une infinie et méritée attention, de la faire progresser dans le monde de ses fantasmes et surtout de libérer chez elle ce fameux processus de sécrétion d’endorphine dont il est question plus haut, c’est-à-dire du plaisir. LE plaisir ! Le voilà, le mot clé autour duquel gravitent et s’organisent toutes les facettes du jeu et de la relation entre les deux joueurs. Chatouiller n’est donc pas un but mais un moyen, celui pour le Maître de jouer avec les cordes sensibles des fantasmes de sa soumise – avant les siens propres même s’il est évident que les deux soient inextricablement liés par nature – afin de faire naître l’accord le plus envoûtant qui soit, et qui se définit comme l’union harmonieuse de plusieurs sons : le Plaisir et le Désir.

Ainsi, c’est plus le désir que doit éveiller le Maître chez sa soumise. Le désir et non la crainte d’être torturée. Le désir peut naître de la crainte mais cette dernière, comme chatouiller, est un moyen et non un but. Et les apparences, chers Maîtres, sont parfois trompeuses, sachez-le.

Il reste encore un dernier ingrédient indispensable à cette alchimie, oublié par Madame FleurDeLys ; c’est d’ailleurs un peu surprenant compte tenu de l’excellence de son billet. La confiance : celle que votre partenaire de jeu vous accorde sans la moindre nuance ni ambiguïté. Pour l'avoir expérimenté moi-même (en tant que LEE), il serait totalement irresponsable de sous-estimer son importance lorsque l'on se laisse attacher. Le danger existe et constitue un paramètre incontournable du jeu.

Demande

Mais la confiance, ne doit-elle pas aussi se mériter ? La soumise est le reflet de son Maître dans le miroir.

Alors ?

Appelez-moi Maître, mais seulement si vous m’en jugez digne, si j’en ai l’étoffe et le panache, si votre désir vous emporte. Ensuite ? Mettez-vous pieds nus et... que Dieu vous protège (attention aux majuscules) !

PS : pour illustrer ce billet, voici une autre photo du site kink.com, que je trouve vraiment très belle. Je tiens également à préciser ici que le point de vue de Madame FleurDeLys à propos des "rangs" est loin de faire l'unanimité dans la communauté BDSM. Comme quoi et comme partout, il appartient à chacun de se faire sa propre opinion, de choisir sa chapelle et le cas échéant, d'adopter à son égard une démarche militante.

1月19日

Les Bâillons

Je poursuis ici la publication des pages de l’Initiation faisant sens encore aujourd’hui.

baillon1Je débutais ce billet à l’époque par un petit rappel sémantique :  un bâillon est constitué de tout objet ou technique qui diminue les sons produits par la bouche de votre partenaire de jeu, ou l'empêche d'articuler en immobilisant sa mâchoire. Dans ce dernier cas, le bâillon est une contrainte. Sinon, il est  esthétique.

Lorsqu’il est efficace en matière de réduction des sons, le bâillon est généralement inconfortable et presque toujours dangereux car risquant d'étouffer votre partenaire. Il est fortement déconseillé aux débutants :

  1. d’utiliser les bâillons qui obstruent complètement la bouche de leur partenaire,
  2. de vouloir améliorer l’efficacité du bâillon en introduisant au préalable un objet dans la bouche de leur partenaire, surtout lorsque celle-ci est très chatouilleuse,

Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de laisser sans surveillance votre partenaire de jeu lorsqu’elle est bâillonnée et à fortiori, avec un corps étranger dans la bouche.

Vous trouverez ci-dessous les principales techniques de bâillon, même si cette liste n’a rien d’exhaustif.


Bâillon  
boule  

De l'anglais "ballgag". Ce bâillon se compose d'une boule attachée à une courroie. Il maintient la bouche légèrement ouverte et se montre par conséquent, d’une efficacité moyenne. Il est peu voire pas dangereux en matière d’étouffement..

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Bâillon  

détective  

De l'anglais "detective gag". Peu efficace, ce bâillon surtout esthétique couvre le bas du visage, de la base du nez jusqu'au menton. Il ne restera sans doute pas en place dès que votre partenaire commencera à se débattre.

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Bâillon  

mors  

Ce bâillon est un classique. Référence à l'équitation, il symbolise par excellence la soumission. Certains auteurs comme Anne Rice en décrivent l'usage dans des situations où les soumises sont attelées à des véhicules. Peu efficace, il limite en revanche les risques d'étouffement.

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Bâillon  

scotch  

Ce bâillon est composé d'une bande adhésive collée sur le bas du visage. Il est dangereux car il ferme hermétiquement la bouche. Attention aussi à utiliser un matériel qui ne risque pas d’endommager la peau. Pour ma part, je déconseille le Chatterton ou produits similaires, au profit de bandes adhésives achetées en pharmacie.

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Bâillon  

fendu  

De l'anglais "cleave gag". Ce bâillon fend les lèvres qu'il laisse entrouvertes. Souvent réalisé avec un foulard, son efficacité est limitée et il présente les mêmes défauts que celui du détective. Bien serré, il restera toutefois plus longtemps sur le visage. Variante : faire un nœud de capucin au milieu du foulard et le placer dans la bouche de votre partenaire, afin d'obtenir un effet comparable au bâillon boule.

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Bâillon  

médical  

Utilisé principalement dans les jeux BDSM (ex. gavage), ce bâillon est composé d’un accessoire métallique gardant la bouche ouverte. Il s’agit d’un véritable accessoire médical de chirurgie buccale appelé “Whitehead gag”, du nom de son inventeur, un chirurgien anglais de la fin du 19ème siècle. Peu efficace, il empêche surtout la victime d’articuler de manière compréhensible.

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Combinaison  

de bâillons  

Votre bâillon peut gagner en efficacité si vous combinez plusieurs techniques, comme par exemple le bâillon détective ou fendu, et le bâillon scotch. Attention toutefois car la recherche d'efficacité s'accompagne généralement d'un accroissement des risques d'étouffement. A réserver donc aux joueurs expérimentés.

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Retours d’expériences

Je joue régulièrement depuis une petite dizaine d’années et sauf à deux exceptions (la soirée parisienne des Nuits Barbares en mars 2008 et la berlinoise d'Insomnia en juin de la même année), je n’ai jusqu’à présent jamais eu l’opportunité de chatouiller dans un endroit totalement “insonorisé”. Que ce soit donc dans une chambre d’hôtel, un appartement ou une maison de ville, la proximité de voisins potentiellement présents a toujours été une contrainte dans l’organisation de nos séances de jeu, imposant souvent l’usage d’un bâillon.

J’ai utilisé successivement deux bâillons boule (ballgag), achetés chez Dèmonia. Le premier était équipé de sangles pour le fixer autour de la tête. Le second était tout simple et ressemblait à celui de la photo. Je n’ai pas observé de différence, si ce n’est esthétique, entre les deux versions. En matière d’efficacité, il ne faut pas se bercer d’illusion : un bâillon boule n’étouffera jamais les hurlements de votre partenaire si celle-ci est vraiment chatouilleuse et que vous lui torturez son plus horrible point faible. En revanche, le bâillon boule (tout comme le bâillon mors ou le bâillon fendu avec un noeud) présente l’avantage de lui permettre de mordre plutôt que de crier. C’est naturellement un peu frustrant pour elle, mais reste préférable aux bâillons plus complexes ou risquant d’abîmer sa peau.

Enfin, j'ai également écrit plus haut que ce bâillon n'était pas dangereux en matière d'étouffement. Cette remarque concerne surtout le bâillon boule simple (comparable à celui des la photo) que votre partenaire peut éjecter de sa bouche sans votre aide en cas de problème.

Waterbondage_1

Pour conclure ce billet, je ne résiste pas à l’envie de publier une des plus belles photos de WaterBondage, site de la société kink.com dont je vous ai déjà parlé dans un de mes billets précédents. Je trouve personnellement que poser un bâillon est un geste terriblement érotique, surtout si vous l'avez acheté ensemble par exemple et/ou que l'objet possède une signification particulière pour le bourreau et sa victime, comme un signe d'attachement personnel, voire intime. L'esprit du jeu, encore et toujours.

Informations complémentaires en anglais sur Wikipédia.

1月14日

Coffee, Cake and Kink

Les codifications de l’univers BDSM m’ont toujours paru excessives et rébarbatives, voire dogmatiques. Or le dogme, quel qu’il soit, je n'aime pas. Le BDSM serait une affaire sérieuse, entre gens sérieux. Et “le sérieux”, écrivait Nietzsche, est le “symptôme évident d’une mauvaise digestion”. Si le BDSM a toujours teinté (de noir bien sûr) mes fantasmes de chatouilles, je ne me suis jamais senti proche de son état d’esprit. C’est pour cela que j'aime le blog de Karamel. C’est pour cela que j’ai explosé de rire en découvrant le portfolio de Julian Scott, art director à l’humour pour le moins décapant.

Parmi les clients de Julian, on trouve Coffee, cake and Kink qui est à Londres ce que Dèmonia est à Paris, avec par conséquent l’énergie et le délire britanniques en plus. Dire que j’ai raté ça la dernière fois que je suis allé traîner à Covent Garden. Julian publie sur son site quatre supports d'une campagne de publicité qui, et c’est peu de le dire, fracasse avec panache le mythe du BDSM austère. Je suis depuis toujours un inconditionnel de l’humour britannique, et quand j'en trouve pareilles perles, je me dis que ce n'est pas demain la veille du jour où je changerai d'avis, surtout quand elles rapprochent le BDSM de l’esprit du jeu tel que je le conçois. Merci Monsieur Julian Scott pour votre humour, et merci aussi à “Coffee, Cake and Kink” d’avoir osé. MDR (Mort de Rire) comme on dit, ou alors LOL (Laughing Out Loud) dans la langue de Shakespeare.

coffee-cake-and-kink01  coffee-cake-and-kink03  coffee-cake-and-kink04  coffee-cake-and-kink06

Cela me rappelle une anecdote dont je m'étais fait l'écho sur l'Initiation, cette composition sur le thème du risque où l'étudiante avait remis au professeur une feuille blanche à l'exception d'un "le risque, c'est ça" écrit en minuscules petits caractères... tout en bas du verso. Une chance sur mille. 20 sur 20. Imparable. L’esprit du jeu est ce qui importe le plus. L'esprit du jeu, c'est ça.

1月9日

Pilates Reformer

Dans mon précédent billet, j’avais tout d’abord pensé à une danseuse pratiquant un exercice d’étirement. Mais après une petite séance de torture d’une cruauté défiant l'imagination (enfin la vôtre, pas la mienne, heureusement), ma partenaire de jeu m’a finalement avoué que la jeune fille de la photo était plutôt une adepte de Pilates.

Pilates ? Kessexa ? C’était pas un Romain froussard et hypocondriaque, fanatique du lavage des mains et du bottage en touche ? En plus, ça s’écrit sans “s” si je ne me trompe pas. Dis donc toi, tu n’essaierais pas de gagner du temps ? Attends une seconde, un petit coup de Google…

Surprise : sur le site Passeport Santé, on apprend que la méthode Pilates –  ou le Pilates - a été inventée par un Allemand travaillant dans un hôpital anglais pendant la première guerre mondiale. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Donc, le toubib teuton expat, il a inventé un système d’exercices pour les patients immobilisés, en fixant des ressorts à des lits. Hmmm, plutôt intéressante comme idée, non ? Mais là où cela devient carrément excitant, c’est quand on lit plus loin que le Pilates se pratique aujourd’hui sur des appareils, les "Reformers" (rien à voir avec le film et Megan Fox), constitués d’un cadre de bois au format d’un lit, muni d’un plateau coulissant, de poulies et d’autres accessoires fixés à des ressorts permettant d’en ajuster la tension.

L’instinct du prédateur me fait illico retourner sur Google pour lancer une nouvelle recherche, d’images cette fois, avec comme mots clés “Pilates Reformer”. Afin de vous faire gagner un temps précieux, ou plutôt de vous inciter à en perdre au moins autant que moi, voici quelques exemples de Pilates Reformers :

Pilates Reformer Pilates Reformer Pilates Reformer Pilates-Reformer5 Pilates Reformer

Sans commentaire.

Bon, c'est pas tout ça mais j'ai encore du boulot : cette histoire de Pilates m’a convaincu de continuer de te chatouiller tes délicieux petits pieds sensibles, des fois que tu aurais encore d'autres trucs excitants à m'avouer. Non mais sans blague, tu n'espérais quand même pas t'en sortir à si bon compte ?

Plus d’infos et d’images sur les sites de Mary Bange, Lents Pilates et Elite Fitness Equipment.
PS : Megan Fox est un double clin d'oeil.

1月6日

En boucle

 
The Camel
Une adepte de Pilates, toute de noir vêtue, les pieds nus, la tête en arrière, le corps en extension, exposée, vulnérable. Des poignets qui donnent envie d'être attachés à ses chevilles. Envies de chatouilles, fantasmes à fleur de peau.
 
Mes mains sur tes pieds, tes pieds sous mes ongles,
dans un cercle délicieusement vicieux.
 
Chacun de nous est de l'huile jetée sur le feu de l'autre.
 
 
Source de la photo : Madame DuValle's Site
12月30日

Technique de bondage : la Princesse

Ce billet avait été initialement publié sur le site de L’Initiation.

Ce bondage est relativement simple à mettre en œuvre, et s'appuie sur la technique de la prière présentée dans les billets précédents. Je l'ai intitulé "la Princesse" parce qu'il est très largement utilisé dans le roman d'Anne Rice, "Les Infortunes de la Belle au bois dormant".

Cette technique permet de : 

  • Dégager les aisselles de votre Princesse, pour vous permettre de les chatouiller à loisir,
  • Mettre parfaitement en valeur sa poitrine, en la forçant à se relever par l'extension des bras. Si votre Princesse montre des signes d'excitation sexuelle, naturellement ou parce que vous lui taquinez les bouts de seins, l'esthétisme de cette position n'en sera que plus excitant pour vous.

Une variante de cette technique consiste à l'utiliser pour attacher votre Princesse contre un poteau, derrière lequel vous lui lierez alors ses poignets. Vous comprendrez sans peine que celui-ci ne devra être trop gros. Vous pouvez également soumettre votre Princesse à ce bondage dans plusieurs positions : 

  • Debout : attachez-lui d'abord les chevilles pour corser l'épreuve d'équilibre, 
  • Assise sur une chaise : commencez par la technique de prière, attachez-lui ensuite les chevilles avant de passer à la présente technique, 
  • A genoux : cette position garde mes faveurs, sur le sol (mais il vous faudra alors vous baisser) ou mieux encore, sur  un bord de lit ou une table basse.

Nul doute que si votre petite Princesse chatouilleuse se montre aussi sensible sous les bras que sous les pieds, cette position vous permettra de la plonger dans d'horribles tourments. De plus, comme indiqué plus haut, si elle en vient à montrer quelque excitation à l'endroit de ses délicieux mamelons, vous n'aurez aucune peine à vous en apercevoir aussitôt afin de profiter largement de ses faiblesses coupables et de les besogner comme il sied à une esclave de son rang. 


        Étape 1 : attachez-lui d'abord les poignets selon la technique de “la prière” décrite dans les billets précédents. Choisissez une corde d'une longueur de 10 mètres minimum. Ligotez ses poignets face à elle. Saisissez la corde libre et ordonnez à votre Princesse de tendre les bras vers l'avant..

        Étape 2 : forcez-la à ramener ses poignets par dessus sa tête, jusqu'à sa nuque. Veillez à ce que votre geste soit lent et doux, afin qu'elle ne risque aucun incident musculaire ou articulaire. Considérez cet exercice comme un exercice d'étirement. Finalement, tirez sur la corde et testez les limites de la souplesse de votre victime. Laissez-lui toujours un peu de liberté, afin d'éviter les crampes qui mettraient un terme à vos jeux de manière aussi prématurée qu'inopportune.

        Étape 3 : déplacez-vous derrière elle. Plaquez la corde sur sa peau et enroulez-la autour de son buste, en partant vers la gauche. Veillez à ne pas relâcher la tension dans la corde.

    Étape 4 : faites passer la corde juste sous la base de ses seins. Soignez également l'esthétisme de votre travail, en veillant à ce que les deux cordes restent parallèles sans jamais se chevaucher. Enroulez la corde autour de son buste jusqu'à la faire revenir dans son dos. Gardez toujours une tension constante dans la corde : en vous appuyant sur la base de ses seins, vous devriez arriver à serrer suffisamment vos liens sans que la corde ne remonte vers le haut et ne vous oblige à reprendre votre travail à l'étape précédente.

      Étape 5  : passez l'extrémité de la corde sous celle qui descend de ses poignets, et repartez ensuite vers la droite. Tendez bien la corde pour assurer la solidité de votre bondage. Enroulez ensuite la corde autour de son buste dans le sens inverse du premier tour.

      Étape 6 : répétez les étapes 4 et 5 autant de fois que vous le souhaitez. Achevez votre œuvre en nouant savamment l'extrémité de la corde au point de rencontre des liens dans son dos. Utilisez par exemple la technique présentée dans “la prière version 2”.


    Votre Princesse est prête à présent à subir toutes vos espiègleries, surtout les plus indécentes bien sûr. Offrez-lui alors un bandeau ou un bâillon, ou même les deux, avant de commencer à lui effleurer les aisselles, ou lui caresser les seins, ou même les deux. Embrassez-la tendrement, en lui susurrant à l'oreille combien elle est belle et désirable dans cette position d'abandon. Décrivez-lui sa poitrine en termes érotiques, en métaphores tout en rondeur et en fraîcheur. Menacez-la des pires supplices, effrayez-la, chatouillez-lui l'esprit avant la peau. Prolongez son attente, qu'elle devienne désir d'être touchée par vos doigts. Emmenez-la au bord du précipice et décrivez-lui le vide avec passion. Puis poussez-la, au moment où elle ne s'y attend plus...

    Cliquer sur les images pour les agrandir.

    12月26日

    Le rire et l'extase

    Quelques générations encore, et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l'extase.
    Cioran, Syllogismes de l'amertume, 1952

    12月24日

    La théorie des cordes

    HEPAC - cours magistral du 24 décembre 2008
     
    Mesdemoiselles, Messieurs, le sujet du cours d’aujourd’hui porte sur le théorie des cordes. Pardon ?
     
    (…)
     
    Non Mademoiselle, vous ne vous êtes pas trompée d’auditoire, vous êtes bien au cours de techniques de chatouilles et non à celui de physique avancée. Pour vous en convaincre totalement et compte tenu du fait que notre désignée volontaire du jour s’est apparemment fait porter pâle (je n’aurais sans doute pas dû lui dévoiler le sujet), je vais toutefois vous inviter à avancer physiquement, pour venir la remplacer. Oui Mademoiselle, n’ayez aucune crainte, vous aurez vos deux points de bonus à votre prochaine évaluation. Enfin, si vous restez en vie. (…) Mais non, ne faites pas cette tête : je plaisantais. (…) Enfin, quoique…
     
    Bon, plus sérieusement, veuillez s’il vous plaît dénuder vos jolis petits petons et grimper sur la table d’expérience. Des volontaires pour venir attacher leur sympathique camarade ? Ah, on reconnaît tout de suite les spécialistes du cours de bondage. Attachez-la selon le protocole PCGC-325. (…) Parfait. Vous pouvez regagner vos places.
    La théorie des cordes est une des techniques de torture les plus efficaces à l’encontre des suppliciées ne supportant pas les chatouilles entre les orteils. Il faut donc vous assurer préalablement de leur vulnérabilité et pour ce faire, vous pouvez utiliser plusieurs méthodes. Des suggestions ?
     
    Monsieur ? Le savon, très bien.
     
    Mademoiselle ? Oui, la Chantilly. On reconnaît tout de suite l’épicurienne.
     
    Monsieur ? Et l’huile de massage, en effet.
     
    Aujourd’hui, je vous propose d’utiliser l’huile de massage. Vous commencez donc par masser délicatement la plante du pied de votre victime, et remontez ensuite progressivement jusqu’aux orteils, lentement, afin de lui laisser le temps de comprendre où vous voulez en venir, et en restant naturellement à l’affût de la moindre de ses réactions. Généralement, vous avez la réponse à votre question avant de faire glisser vos doigts entre ses orteils. Mais dans tous les cas, je dis bien dans tous les cas, glissez vos doigts entre ses orteils, et surtout si votre victime s’y montre vulnérable.
     
    Allons Mademoiselle, essayez au moins de résister quelques minutes. Non ? Comment ? C’est trop horrible, dites-vous ? Bon, alors vous l'aurez voulu : interrogation surprise sur la technique de torture à l’huile de massage !
     
    Vous là-bas, oui vous, les quatre au second rang que l'infortune de votre camarade semble tellement amuser, venez donc me montrer si vous vous êtes suffisamment entraînés depuis mon dernier cours. (...) Oui Mademoiselle, dans "interrogation surprise", il y a "surprise", et c'est qui fait tout le sel de l'exercice. Et n'oubliez surtout pas de brancher le sonomètre : 50% des points sur l’intensité des cris de votre camarade et les 50 autres % sur la qualité de votre technique. Vous avez quinze minutes.
     
    (…)
     
    Bien, je vois que vous avez travaillé : 15 pour Nicolas et José, 16 pour Emilie et 18 pour Dorothée. Comme d’habitude, les filles se montrent toujours un peu plus cruelles avec leurs camarades. C'est dans leur nature.
     
    Passons à présent aux choses sérieuses. Donc après nous être assurés de son extrême sensibilité, il est temps de soumettre notre victime à la théorie des cordes : ce supplice dont la perversité peut être qualifiée d'inhumaine, consiste à lui faire glisser délicatement une corde ou une cordelette entre ses orteils.
     
    Pour ce faire, il convient de lui immobiliser les orteils écartés. Il n’est pas indispensable d’utiliser un bondage spécifique mais c'est une des options possibles. Dans tous les cas, l’effet maximal est obtenu en faisant glisser la cordelette le plus lentement et le plus longtemps possible. Utilisez donc une corde de longueur suffisante. Naturellement, ce supplice peut être réalisé dans les deux sens, voire en alternant un sens et puis l’autre pour en augmenter l'efficacité. Et pour corser encore davantage les sensations de votre victime, prenez soin de lui torturer le pied en position verticale, en vous assurant ainsi que la corde effleure également sa plante de pied.
     
    En situation normale d’interrogatoire, vous lui torturerez les deux pieds simultanément avec la complicité de vos collègues bourreaux. Vous pouvez même utiliser plusieurs cordes sur chacun de ses deux pieds. Si votre victime le supporte et est encore consciente à ce stade de son supplice, bien sûr. Si vous vous retrouvez toutefois dans la regrettable situation où vous êtes le seul bourreau disponible - conséquence fâcheuse de la loi des 35 heures -, la technique consiste à attacher ensemble les chevilles puis les gros orteils de votre victime. Commencez par poser les cordes entre quatre de ses orteils et utilisez ensuite vos mains pour écarter et immobiliser ces orteils. Saisissez enfin les extrémités des deux cordes entre vos dents et réalisez des mouvements de va-et-vient avec votre tête.
     
    J’ai utilisé tout récemment encore la théorie des cordes sur une suppliciée particulièrement rebelle et résistante, avec un résultat dépassant de loin mes espérances les plus optimistes. Ses suppliques furent absolument divines et son supplice tellement insoutenable qu'elle ne ne souvenait même pas m'avoir supplié. C'est tout dire.
     
    Bien, il ne me reste plus qu'à démontrer tout ceci sur votre charmante camarade dans le regard de laquelle je décèle comme une petite lueur de terreur... absolue. C'est un signe plutôt encourageant. Deux points de bonus à la prochaine évaluation, c'est une récompense qui doit se mériter pour en assurer la crédibilité et surtout, couper court aux jalousies naturelles de l'auditoire. Mademoiselle, nous allons voir sur vous êtes vraiment courageuse : accrochez-vous bien à la table.
     
    Et joyeux Noël ! 
     
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    Autre cours de l'HEPAC : le supplice de la Chantilly
    12月17日

    Faux espoir

    La lumière que tu vois au bout du tunnel, c'est le train qui fonce sur toi.
    Geraint Anderson - Site Web
     
    A susurrer à l'oreille de votre partenaire de jeu lorsqu'elle affirme être capable de résister au supplice.