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日志


6月19日

Artisanat local

   

Il y a fort longtemps, j’avais découvert la photo d’un supplice original : la victime était allongée à plat ventre sur un chevalet capitonné de cuir noir, ressemblant à une table de massage. Son visage dépassait de l’extrémité de la table, face à un écran de télévision posé sur le sol, lui-même relié à une caméra vidéo, en circuit fermé, dont l’objectif était dirigé sur ses plantes de pieds chatouillées de manière fort adroite par quelque bourreau dont l’histoire, hélas, n'a pas retenu le nom. La suppliciée avait l’heureux privilège d'assister, en direct et de manière détaillée, à son propre supplice.

Je n’ai personnellement eu la chance de réaliser ce fantasme que deux fois au cours de ma vie de fétichiste passionné, la seconde tout récemment dans des conditions exceptionnelles et éblouissantes sur lesquelles je ne manquerai pas de revenir dans un prochain billet qui leur sera tout entier dédié. Mais souvent, en cette matière comme en tant d’autres, une image – ou une vidéo – vaut mieux qu’un long discours. Inutile de vous préciser que l’objectif de ce film n’a jamais été de concurrencer les productions alléchantes des multinationales dont les publicités envahissent nos chers forums spécialisés, d’ailleurs pas plus sur la forme que sur le fond, souvent maquillé comme une voiture volée. Cette courte vidéo – deux minutes quinze secondes sur les cinquante-cinq originales – est une friandise, un moment de sincérité et un parangon d’artisanat local militant. C'est aussi et surtout, le symbole d'une fusion sans nuance et d'une révélation dont le souvenir magique hante désormais mes jours et mes nuits.

6月17日

Regards complices

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Je dois vous avouer que cela fait plusieurs mois que j’hésite à publier ce billet. Tant et si bien que j’ai oublié l’origine de cette photo qui me trouble tant. “Kink.com” ou “.ca” sans doute, mais peu importe. Avant de vous confier ce que j’aime dans cette photo, je dois vous préciser ce que je n’y aime pas : les marques de flagellation sur le dos, un des nombreux aspects du BDSM avec lesquels je prends clairement mes distances. Bien sûr qu’il serait naïf de nier que les jeux de chatouilles soient imprégnés de domination et de soumission. Mais frapper ma partenaire de jeu, avec un fouet, une badine ou même une plume, avec son assentiment ou à sa demande, est l’antithèse de mes fantasmes : je n’en éprouve aucun désir et n’y éprouverais aucun plaisir. Frapper est l’antithèse des chatouilles.

Alors pourquoi cette photo me trouble-t-elle tant ? Pour appeler un chat un chat – celui que l’on ne fouette donc pas -, j’aime passionnément cette image, parce qu’elle me raconte une histoire qui me plaît. Oublions donc les marques de flagellation et imaginons que ce dos soit indemne. Imaginons que ce jeu qui vient d’être partagé était bien une terrible séance de torture, mais de chatouilles.

J’aime avant tout le regard du Prince, mais j’y reviendrai. J’aime l’attitude de sa princesse, à la fois fière, insolente et soumise : non seulement elle est prête à recommencer mais plus encore, elle le désire follement. J’aime qu’elle ne soit pas totalement nue, qu’elle porte cette petite jupe sexy qui accentue l’attrait de ses charmes dévoilés. J’aime qu’à ses poignets soient attachés les bracelets de cuir, témoins des jeux passés et promesses de ceux à venir, car de toute évidence nous sommes au cœur du jeu. J’aime aussi, justement, que ses poignets ne soient pas attachés, tandis que la position de ses bras laisse penser le contraire. Soumission. J’aime aussi cette queue de cheval, tellement adaptée aux jeux les plus endiablés, et souvenir de mes années de fac d’éducation physique. J’aime aussi la position de ses mains détendues, de ses longs doigts qui se croisent. J’aime enfin ce petit tatouage sur l’épaule, signe d’empreinte, métaphore du lien qui unit la princesse à son Prince, de leur complicité, de leur fusion sans nuance. J’aime enfin, parce qu’elle me raconte une histoire, tout ce que cette photo ne me dit pas. Que va-t-il lui murmurer ? Va-t-il lui dévoiler son prochain supplice, ou bien peut-être son enjeu ? Est-elle pieds nus ? Porte-t-elle également des bracelets à ses chevilles ? Voit-elle le chevalet sur lequel il s’apprête à l’entraver, le chevalet de son prochain supplice ? Peut-être va-t-il cette fois lui attacher les orteils, étirés, bien écartés, pour l’y torturer sans aucune pitié ?

Mais j’en reviens toujours au regard, celui que l’on voit et surtout celui que l’on devine dans celui que l’on voit. Deux regards complices, forcément, follement, inconditionnellement. Jouer, c’est fusionner.


PS : les termes consacrés de Maître et de soumise ne m’ont jamais plu, surtout le second. Si je considère que le Tickling est bien une forme de BDSM dont il convient de ne pas renier les origines sinon nier les affinités, il faut aussi et surtout que le Tickling sache créer sa propre identité, exister en tant que pratique BDSM à part entière, avec sa maturité et sa propre personnalité tactiles. J’ai donc choisi d’utiliser les mots de Prince et de princesse (attention aux majuscules) qui me conviennent mieux et sont surtout en symbiose avec ma propre histoire.

6月7日

La naissance d’un fantasme – la piscine

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“Dans le jardin à présent délaissé, résonnaient encore les cris et les rires de la bataille : les seaux gisaient sur le gazon, avec le tuyau d'arrosage, éparpillés au hasard des derniers combats. L'eau claire de la piscine paraissait encore agitée des plongeons et des ébats joyeux des jeunes filles.”
Extrait de “Treize Nuits avec Rusalka”, “Point Faible”

6月6日

Be the change you wish to see in the world

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– Mais je ne veux pas aller parmi les fous, fit remarquer Alice.
– Impossible de faire autrement, dit le Chat. Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ? demanda Alice.
– Tu dois l’être, répondit le Chat, autrement tu ne serais pas venue ici.

Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles, Chapitre VI

6月3日

La naissance d’un fantasme

Je trouve que la naissance du fantasme d’une lee est un instant magique. Même si elle porte en elle ce désir depuis toujours, le moment de la révélation me fascine, celui où pour la première fois, elle prend conscience de son plaisir d’être chatouillée. Comme le plus souvent cette expérience remonte à son enfance, son plaisir y est d’abord innocent. Plus tard, avec l’éveil de sa sexualité, elle s’aperçoit peu à peu qu'il s’enrichit d’une excitation troublante parce qu’inédite et irrésistible.M1-small

- Te souviens-tu de la première fois ?
Des étoiles brillent dans ses yeux tandis qu’elle esquisse un petit sourire mutin.
- Je devais avoir treize ou quatorze ans peut-être. Je me souviens que j’étais en maillot de bain car c’était une magnifique journée de printemps où nous nous étions baignés dans la piscine. J’avais sans doute un peu trop taquiné mon parrain allongé dans son hamac. Il m’avait attrapée et immobilisée contre lui en emprisonnant ma main entre ses jambes. Puis il s’était emparé de mon pied droit et l’avait chatouillé. Cela ne dura qu’une poignée de secondes, absolument insupportables car il semblait savoir exactement où j’étais chatouilleuse. Ce fut la première fois où je m’aperçus que j’aimais follement cela.

Je la regarde en souriant, savourant le goût délicieusement acidulé de sa confidence, tout en jalousant secrètement cet inconnu qui, sans le savoir, partagea avec elle ce moment unique, et eut l’immense privilège de l’éveiller. Mais était-ce vraiment sans le savoir ?