Peheff 的个人资料Addictions Tactiles照片日志列表 工具 帮助

日志


4月29日

Supplier

J’ai cité Aristote dans mon billet du 4 février : “L'infini n'est pas un état stable, mais la croissance elle-même”. Cette phrase a pris la semaine dernière une dimension nouvelle. Inconsciemment ou pas, j’ai toujours considéré que la recherche de l’intensité était un objectif incontournable des jeux de chatouilles. Ne juge-t-on pas l’expert dans sa capacité à faire supplier sa victime ? “Elever les chatouilles au rang de supplice” m’écrivait un internaute ce matin. L’esprit du jeu est de nuancer cette recherche d’intensité en l’imprégnant des fantasmes de sa proie, en répondant à ses désirs dont celui d’aller toujours plus loin et parce que cette quête l’excite plus que les autres.

D’accord, mais pourquoi le moment de supplier est-il un fantasme partagé ?

Tout d’abord, l’idée de supplier n’a rien à voir avec la soumission, et certainement pas au sens où l’entendent communément les jeux BDSM. Dans les jeux de chatouilles, le moment de supplier est celui où la suppliciée lâche prise, perd tout contrôle et s’en remet totalement à son bourreau. La sémantique BDSM définit ce moment comme le sub-space, je crois. La proie ne se soumet pas, jamais : elle bascule dans le vide, elle perd pied. Rien à voir avec une quelconque humiliation ou soumission. Tout à voir avec la confiance, l’abandon, la fusion. Nous sommes au bord de la falaise et le vent chaud lèche ton visage. Tes chevilles et tes poignets sont attachés. Tu regardes ce vide qui t’attire irrésistiblement. Tu sens ma main dans ton dos qui te pousse doucement, très doucement, inexorablement. Et le moment vient où tu bascules. Vais-je te rattraper au tout dernier moment ? Allons-nous basculer ensemble, accrochés l’un à l’autre, en base-jump ? C’est peut-être la raison pour laquelle il s’agit d’un fantasme partagé.

C’est aussi un moment rare, qui ne se prévoit pas, mais qui se partage forcément. On le cherche, mais on ne sait dire exactement si et quand on va le trouver. Ce qui lui confère une saveur particulière.

Une autre idée se cache aussi derrière celle de supplier. Car l’instant est fugace : lorsque tu me supplies vraiment, lorsque tu utilises le safeword ou que tes mots ou le son de ta voix deviennent soudain différents, alors nous savons tous les deux que le jeu s’achève. Ou plutôt se suspend : une fois que tu m’auras supplié d’arrêter, tu me supplieras de recommencer.

Finalement, qu’y a-t-il alors de pire pour un bourreau que de supplicier une victime trop chatouilleuse ? Parce que si elle supplie trop rapidement, si le but est atteint dès qu’il le décide, presque sans difficulté, alors n’est-ce pas une forme de frustration pour lui que de devoir se contrôler, retenir ses gestes, chatouiller pour rire, pour ne pas obliger sa proie à lâcher prise trop vite, sans avoir profité pleinement du supplice.

“Si à chaque fois, le supplice devient de plus en plus intense, m’as-tu écrit, alors jusqu’où irons-nous ?” Je ne sais pas. Mais j’ai follement envie d’aller voir. Aller voir si Aristote a raison.

4月18日

Le Crayon Nageoire

J’ai relu cette semaine les trois premières histoires publiées dans “13 Nuits avec Rusalka”. Je me suis surpris à retrouver cet instrument de torture que j’avais créé à l’époque sur les lieux du tournage de “L’Initiation d’Isabel”, et que j’avais dénommé le “crayon nageoire”. Voici une copie actualisée de la page de l’Initiation qui lui était consacrée.

LE CAHIER DES CHARGES

Si la plume constitue l’instrument de torture fétiche par excellence, elle présente toutefois quelques inconvénients. Elle est fragile et délicate : sa grande souplesse, surtout à sa pointe, ne permet pas d’appliquer une pression importante sur la peau. Si la victime n’est pas très chatouilleuse, la plume n’est souvent pas suffisante pour susciter des sensations vraiment insupportables. De plus, les effets de la torture ne sont maximaux que lorsque la pointe de la plume est parfaitement formée, ce qui est difficile à garantir longtemps dans la mesure où le bourreau qui souhaite intensifier les sensations a tendance à appuyer plus fort sur la peau, déformant ainsi son instrument. Et interrompre le supplice pour lisser la plume peut être un obstacle majeur.

L’idéal serait donc de disposer d’un instrument possédant les caractéristiques naturelles de la plume tout en étant moins sensible à la déformation sous pression. Le “crayon nageoire” est cet instrument.

Pour le construire, il faut disposer de trois ustensiles de base : un crayon de papier, un petit élastique et surtout, une nageoire de queue d’un poisson. Le dernier composant est bien entendu capital : de lui dépend la qualité de l’instrument de torture.

Il faut absolument que le poisson soit de première fraîcheur car après quelques heures, la nageoire de l’animal se dessèche et perd sa souplesse. Il convient également de choisir une queue aux formes pointues à ses extrémités supérieures et inférieures, mais néanmoins pas trop effilées afin de garantir une rigidité adéquate génératrice des sensations de chatouilles extrêmes. Dans l’exemple qui suit, j’ai utilisé la queue d’un mulet de taille moyenne, pêché de surcroît par votre serviteur avec un fusil à air comprimé.

LE MONTAGE DU CRAYON-NAGEOIRE

La première étape consiste à laver soigneusement l’animal, l’odeur restant évidemment le défaut principal de l’instrument. Les plus sensibles d’entre vous sur le plan olfactif utiliseront sans doute un déodorant pour éviter que leur salle de torture n’évoque rapidement la criée du Guilvinec.

crayon_nageoire_1La seconde étape, plus tranchante, consiste à séparer la queue de son propriétaire. Attention de ne pas couper trop court, car une fois désolidarisée du corps de l’animal, la nageoire a tendance à perdre ses formes initiales pour s’aplatir fortement. Attention, ce dernier point peut surprendre le néophyte jusqu’à susciter une vraie déception.

Pour la troisième étape, il convient d’enrouler la base de la queue autour de l’extrémité du crayon (ou de tout autre objet présentant des caractéristiques similaires). Travaillez avec soin et faites en sorte que les extrémités pointues de la queue arrivent exactement à la même hauteur, afin qu’elles puissent chatouiller la peau de votre victime simultanément. D’ailleurs, le crayon nageoire présente cet avantage par rapport à la plume, d’offrir deux extrémités pointues chatouilleuses.

crayon_nageoire_2

La quatrième et dernière étape consiste à attacher la queue enroulée au crayon. Vous pouvez par exemple utiliser un élastique. Le plus facile est sans doute de préparer l’élastique autour des doigts, en le bouclant plusieurs fois sur lui-même, avant de le faire glisser le long du crayon. La seule contrainte est de disposer d’assez de force dans les doigts pour passer les deux doigts tenant l’élastique autour du crayon. Au moment où vous relâcherez alors la tension en retirant vos doigts, l’élastique se resserrera pour immobiliser fermement la queue du poisson.

4月17日

Mille et une nuits

asylum1

011


Source des illustrations :
MTJ Publishing, Tales From The Asylum #20
BDSM Artwork, Artist DAMIAN

La légende rapporte que chaque nuit, Shéhérazade racontait à son amant, le sultan, une histoire dont elle promettait toujours la suite pour le lendemain, évitant ainsi d’être suppliciée.

Une autre légende raconte qu’Abderam, le frère du sultan, avait enlevé la princesse hongroise Raymonda pour l’épouser. Comme elle refusait de se soumettre, le seigneur Sarrazin l’avait livrée à ses odalisques, dont l’expertise dans les supplices les plus raffinés n’avait d’égale que leur jalousie maladive à l’égard des nouvelles rivales, particulièrement lorsqu’elles étaient étrangères.

“Aucune marque” avait été la seule consigne de leur maître, avant de livrer la captive aux supplices.

Malgré son exceptionnelle résistance et sa détermination farouche, Raymonda finit par craquer, supplier ses bourreaux d’arrêter tout en promettant de se soumettre au prince. Mais les odalisques avaient pris goût à chatouiller la belle étrangère aux jolis pieds sensibles, et jouissaient du plaisir coupable de la voir se tordre sous leurs tortures en hurlant de rire. Elles s’abstinrent donc de rapporter à leur maître la capitulation de leur proie, et poursuivirent les terribles et délicieux supplices. Naturellement, lorsque le prince Abderam s’aperçut de la forfaiture de ses odalisques, il les condamna à prendre la place de leur victime, pour une durée indéterminée.

Trop tard toutefois pour la belle princesse Raymonda qui était déjà devenue dépendante, victime d’addiction tactile. Adberam était condamné à torturer sa belle toutes les nuits, afin de satisfaire les désirs irrésistibles qu’il avait lui-même sinon initiés, tout au moins follement embrasés. Condamné à la torturer mille et une nuits…

4月10日

La couleuvre sensuelle

“Elle ouvre les draps et s’y glisse avec une aisance de sirène. La voilà sur moi, chaude et souple, ondulante, ses jambes étreignent les miennes, ses bras se nouent à mon cou, tout son merveilleux corps est une caresse enveloppante et si persuasive, si suggestive (…) son aptitude à se lover contre moi, telle une couleuvre sensuelle”.
Françoise Rey, Métamorphoses

Je me suis longtemps demandé quels étaient mes désirs profonds lorsque se dénouaient les derniers liens et que le jeu s’achevait. J’ai longtemps vécu avec l’idée qu’il fallait nécessairement conserver une certaine distance avec ma partenaire de jeu, physique j’entends, au-delà de l’intimité tactile du jeu lui-même. Le supplice était un monde sensuel, et l’après supplice cédait la place une relation cérébrale. A cette époque, je n’entremêlais chatouilles et excitation sexuelle que dans mes nouvelles. C’était ainsi, une convention tacite que j’avais acceptée sans poser de questions. Sans me poser de questions.

Se donner comme règle de ne pas mêler le sexe aux chatouilles est un choix respectable, qui permet aussi d’éluder des questions délicates. Ce n’est pas celui de mes fantasmes. En acceptant les risques inhérents, j’ai toujours considéré l’orgasme forcé (traduction de l’anglais en tant que pratique BDSM, même si ma partenaire et moi trouvons le terme impropre) comme un ingrédient indissociable de mes fantasmes de chatouilles. Le jeu est tactile mais aussi éminemment sexuel. Rien à voir bien sûr avec des rapports conventionnels. Je parle de tout autre chose. J’ai eu récemment la chance de pouvoir transformer ce rêve en réalité, et de la manière la plus agréable qui soit. Après ce jeu, j’ai laissé ma couleuvre venir se lover contre moi, et j’ai découvert combien cette proximité tactile m’était aussi agréable que le jeu lui-même, et constituait surtout son naturel et délicieux prolongement. C’est une question de sensualité avant d’être, peut-être aussi, une question de sentiments.

Cette dernière question est délicate mais certainement pas propre au jeu. En voici donc une autre, beaucoup plus intéressante selon moi, que Françoise Rey pose quelques pages plus loin dans sa nouvelle “Question de goût” : “J’ai retrouvé plus tard, chez des hommes, des hommes faits, mûrs déjà, imbus de leur rôle de dispensateur de plaisir, la même joie passionnée du don, le même orgueil narcissique, la même fausse générosité. Régner sur le plaisir de l’autre, c’est se voir magnifique dans son regard chaviré, magnifique et redoutable, car c’est aussi, quelque part, le dominer et le réduire. Il y a sans doute la même ivresse à prodiguer la volupté que la douleur, et il n’est pas hasardeux que parfois les deux se rejoignent sous le fouet d’un bourreau raffiné.”

Comment ne pas tomber dans ce piège, comment jouer sans réduire ? Tout comme le sexe, la domination est aussi un ingrédient du jeu, mais une domination jouée, simulée. Je te déshabille, je t’attache, je te torture. Mais où se trouve alors la ligne à ne pas franchir ? Régner sur le plaisir de l’autre, c’est refuser – ou lui refuser – de s’abandonner. Il y a un danger véritable à n’être que bourreau, celui de cette domination insidieuse, de cette fausse générosité. Ce danger se cache dans le jeu lui-même, d’autant mieux quand il est intense et étourdissant. Sans doute la réponse à ces questions est-elle à chercher dans la volupté des chatouilles qui confère à celle du plaisir une ivresse particulière. Dans cet ordre précis. Il n’est pas hasardeux qu’à ce risque, Françoise Rey ait associé précisément une image BDSM : la volupté et la douleur. La douleur ? Certes, mais qu’en est-il de l’exaspération ? Si vous ne voyez pas, demandez-le à votre partenaire de jeu.

4月3日

La brosse à dents des experts


bvob_4 bvob_5 bvob_1bvob_2bvob_3

C’est en tout cas ce que prétendait la publicité. J’entrai dans le magasin avec cet à priori, bien décidé à le mettre à l’épreuve de la compétence d’un expert. Je me dirigeai d’un pas assuré vers le linéaire sur lequel une bonne quinzaine d’instruments étaient soigneusement alignés.
A première vue, rien ne me permettait  de distinguer le bon grain de l’ivraie.
- Bonjour Monsieur, puis-je vous aider ? fit une charmante voix juste derrière moi.
J’avais de la chance. Le conseiller était une conseillère : de grands yeux verts, cheveux bruns mi-longs, la quarantaine resplendissante et une silhouette élancée de danseuse de ballet : oui décidément, j’avais vraiment de la chance. Si en plus la belle était compétente – et je n’osais imaginer le contraire – cet achat mêlerait certainement l’utile à l’agréable.
- Bonjour, répondis-je en lui adressant un sourire enjôleur. Je recherche une brosse à dents électrique.
- Et à quel usage la destinez-vous ? Hygiénique ou tactile ?
- Tactile.
- Parfait.
Le sourire qui éclaira son visage me révéla sa préférence de me conseiller sur cet usage plutôt que l’autre. Son expérience en la matière n’était peut-être pas uniquement théorique. Tant mieux. Seuls les retours d’expérience vécue méritent notre confiance.
- La première chose que je vous conseille, reprit-elle en m’entraînant vers l’extrémité du rayon, c’est de vous orienter vers un appareil à double brosse. Leur efficacité est meilleure. Les mouvements simultanés des deux brossettes sont redoutables.
Après une courte pause pour me laisser le temps de bien intégrer son argument, elle reprit :
- Ensuite, il faut absolument éviter les brosses tournantes, qui sont beaucoup trop irritantes dès lors que vous envisagez un supplice prolongé. Est-ce votre cas ?
- Tout à fait.
- C’est bien ce que je pensais. Les brosses vibrantes n’ont pas ce défaut et leurs effets sont donc plus intenses, à la limite du supportable. Imaginez : 7 600 mouvements par minute, plus de 120 par seconde, aucune victime un tant soit peu chatouilleuse ne peut y résister.
Voyez, nous avons regroupé sur cette partie du rayon les produits les plus adaptés à un usage tactile. Quels sont les endroits que vous préférez torturer: la plante du pied, le talon, les orteils ?
- Cela dépend des circonstances. Les endroits sensibles varient d’une séance à l’autre, mais la base des orteils est presque toujours sensible. De même d’ailleurs que la pointe des gros orteils.
- Vous semblez avoir quelque expérience en la matière. Est-ce votre premier achat ?
- Oui. Mais il y a quelques années, j’ai utilisé une brosse à dents électrique en une seule occasion. L’expérience ne fut guère concluante et pourrait même être qualifiée d’échec. Je dois toutefois vous préciser qu'il s’agissait d’un instrument mono brosse, tournante de surcroît.
- Je vois. Vous aviez en effet peu de chances. Aujourd’hui, les instruments de torture bénéficient des résultats de plusieurs années de recherche dans des laboratoires
spécialisés.
- Et pour l’autonomie ?
- Les appareils que nous vous proposons ont une autonomie d’une vingtaine de minutes. En outre, le temps de rechargement est assez rapide pour vous permettre d’enchaîner plusieurs séances dans la même journée, si vous le souhaitez.
- C’est le cas.
- Une dernière chose importante : si votre victime est très chatouilleuse, je vous conseille un modèle pouvant également être utilisé sans l’embout, c’est-à-dire sans la partie supportant les deux brossettes.
La jeune femme s’empara alors d’un des appareils dont elle désolidarisa l’embout du manche, avant de me montrer l’extrémité dénudée de ce dernier :
- Comme vous le voyez, les brosses vibrantes sont animées par cette petite pièce de métal, fine et aplatie. Le supplice nécessite une certaine dextérité, mais il est possible de torturer votre victime en effleurant sa peau directement avec cette pièce. Entre les orteils, croyez-moi, ces chatouilles sont absolument insoutenables. Il convient toutefois de faire preuve d’adresse, car plus légèrement vous effleurerez, plus intense
sera l’exaspération. En revanche, si vous appuyez un peu trop, juste un peu, vous induirez une sensation douloureuse et désagréable.
- Bien. Vos explications sont claires et vos arguments convaincants.
- Et par ailleurs, mes derniers conseils valent également pour l’usage de la brosse à dents électrique en général. Je dis souvent à mes clients que c’est un instrument d’horloger, pas de forgeron. Si vous voyez ce que je veux dire.
- Je vois parfaitement. D’ailleurs, je vais même vous acheter deux appareils : s’il sont aussi efficaces que vous l’affirmez, je pense que soumettre ma victime à un double supplice sera intéressant. Prolonger la torture en pareilles circonstances pourrait alors avoir un charme tout particulier.
- Je n’en doute pas, comme je ne doute pas de son plaisir. Avez-vous la carte de fidélité ?
- Absolument.
- Dans ce cas, nous vous offrons en cadeau un flacon d’huile de massage. Un complément qui vous sera bien utile, pendant et après l’utilisation de vos instruments de torture.