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日志


10月31日

Deux mondes

Le premier monde est celui de la matrice, de la multitude dans laquelle nous nous fondons anonymement. Nous y travaillons, nous nous y aimons, nous y vivons le plus clair de notre temps selon les règles qui le gouvernent. Nous y surfons sur les sites Internet qui parlent du deuxième monde, où certains d’entre nous rêvent de se rendre un jour. Dans le premier monde, il nous est impossible de fusionner, d’atteindre notre but, de sublimer nos fantasmes.
Le deuxième monde est celui dans lequel nos fantasmes se réalisent. Le deuxième monde est celui du jeu véritable. Nos fantasmes esquissés dans le premier monde sont des chimères, des trompe-l’œil fades et insipides. Goûter aux fantasmes du deuxième monde est comme boire l'élixir magique, cette drogue dure et mystique dont on devient instantanément dépendant, sans nuance, sans mesure, sans espoir d'absolution. « Que s’est-il passé ? » m’as-tu écrit. « Au-delà de l’intensité de nos chatouilles, il s’est produit quelque chose, quelque chose que je ne saurais réellement définir, que je n’arrive pas à analyser ». L’empreinte du deuxième monde.
Pour passer du premier au deuxième monde, nous devons trouver Valluna, la "porte des rêves", la clé de la théorie des cordes, par nature polymorphe et insaisissable. Un exemple : je suis dans la chambre de l’hôtel que j’ai préparée pour le jeu, dans le premier monde. Tu avances dans le couloir, t’approches de la porte. Que vas-tu faire ? Frapper ? "Knock, knock, knockin' on heavens door"* ? Cela aurait été un mauvais choix. M’envoyer un SMS pour me demander de venir t’ouvrir, voilà l’improbable clé magique qui ouvrait non seulement la porte de la chambre mais aussi celle du deuxième monde. Ce n’est pas une question de logique, c’est une question d’instinct.

Mais lorsqu’après une nuit éblouissante et torride, nous retournons lentement dans le premier monde, inexorablement aspirés par sa réalité malgré notre volonté farouche de prolonger la magie, lorsque nous empruntons le passage dans l’autre sens, qu’emportons-nous avec nous ? Que nous reste-t-il de cette nuit ? Je crois que la réponse se cache au cœur de cette évidence : nous ne pouvons ouvrir la porte et franchir le passage que parce que nous ne formons plus qu’un, parce que nos fantasmes sont si étroitement emmêlés qu’ils en sont devenus inextricables. Ce n’est pas juste jouer, c’est infiniment plus. C’est croire que ce ne sont pas seulement des fantasmes, que ce n’est pas seulement chatouiller. C’est croire que nous pouvons, par la seule force de notre volonté et de notre folie, créer le deuxième monde. Et le danger, véritable et mortel, c'est de mélanger les deux mondes. 

Alors, pour répondre plus précisément à la question : "Qu'emportons-nous avec nous lorsque nous revenons du deuxième monde ?". Et bien, nous emportons avec nous le danger. Mais pour ma part, je ne peux jouer qu’ainsi. Et rien, absolument rien à mes yeux, ne peut égaler cette violente perfection.

Cela fait déjà longtemps que j'ai choisis la pilule rouge.
 
Image2 


* version
Guns 'n Roses naturellement...

10月30日

L'Initiation : les ongles d'Halloween

 
ongles
 
Cette photo avait été initialement publiée dans l'Initiation, sur une page intitulée "Le Manoir" (août 2002). Elle était accompagnée des ultimes images de mes jeux avec Rusalka et des paroles d'une chanson d'Indochine :
 
Emmène-moi emmène-moi dans un manoir. Enchaîne-moi enchaîne-moi encore plus bas et puis entraîne-moi entraîne-moi où le ciel n'existe pas. Je crois que tu sais l'effet que ça nous fait. Délivre-moi. Je vois que l'on sait se brûler tous nos cerveaux et redevenir des héros. Je sais que l'on est prêts à visiter nos vies, la chambre noire. Je crois que tu es comme des flammes autour des croix et comme un ange dans les nuages.
 
Emmène-moi emmène-moi encore plus bas. Adore-moi adore-moi à travers bois et puis entraîne-moi emmène-moi où le ciel n'existe pas. Entraîne-moi emmène-moi dans le manoir car tu es comme moi tu es comme moi encore plus bas. Et tu verras qu'il nous faudra partir avant qu'on nous détruise. Se glisser de quoi dormir avant de se faner. Il n'y aura plus aucun secret tu sais entre toi et moi.
 
Pourquoi revenir aujourd'hui sur ces ongles ? Tout d'abord parce que nous sommes à la veille du 31 octobre et que c'est donc le bon moment pour vous les procurer.
 
Et puis surtout, parce que la reine des sorcières que j'ai soumise récemment aux terribles épreuves de la très sainte inquisition y a été particulièrement sensible. Et "particulièrement", c'est peu de l'écrire.
 
Ces ongles présentent l'avantage d'être faciles à enfiler, de bien tenir aux doigts du bourreau et puis surtout, d'associer avec une perfection redoutable souplesse et rigidité. Ils ne sont sans doute pas infaillibles et ne constituent pas l'arme absolue, mais je peux vous assurer d'expérience qu'ils peuvent parfois pousser les sensations d'exaspération à un degré de raffinement extrême. Le grand inquisiteur vous conseille tout particulièrement les effleurements délicats entre les orteils, au centre de la plante du pied ou encore sur la face antérieure des avant-bras. "Confessionem esse veram, non factam vi tormentorum".
 

Bondage - technique de la double corde - version 1

J'ai récemment fait allusion dans un précédent billet à une technique de bondage qui permet de lier joints les poignets ou les chevilles de votre partenaire. J'avais détaillé cette technique sur le site de l'Initiation. Pour ceux et celles d'entre vous qui sont nostalgiques de cette grande époque, ou qui n'auraient plus simplement pas eu l'opportunité de visiter mon site à cette époque, voici un petit couper-coller qui je l'espère, vous sera utile et agréable.
 
Voici donc ce que j'avais écrit sur l'Initiation :
 
Cette technique de bondage fait partie des fondamentaux que votre partenaire se doit de connaître. Son objectif est de lui lier les mains jointes, paume contre paume. Elle vous permet de lui attacher les mains dans le dos, ou comme dans cette page, devant elle. Elle peut également être utilisée pour lui ligoter les chevilles.
 
Une fois achevé, ce bondage vous permet d'attacher ses poignets ou ses chevilles ligoté(e)s à :
  • Un élément du "chevalet" sur lequel vous voulez la chatouiller : chaise, lit, table, etc.
  • Une autre partie de son bondage : vous pouvez lui attacher les poignets aux chevilles par exemple.

Étape 1 : demandez-lui de joindre les mains. Choisissez une corde d'une longueur de 5 mètres au minimum et pliez-la en deux, en formant un "U". Placez-lui la corde devant ses poignets.

Étape 2 : enroulez la corde par deux fois autour de ses poignets : utilisez le côté opposé au "U" et maintenez celui-ci immobile devant ses poignets. Prenez soin d'éviter que les tours de cordes ne se chevauchent. Conservez 30 à 40 centimètres de corde libre du côté de la boucle pour le futur nœud.

Étape 3 : demandez-lui d'écarter les paumes tout en gardant les poignets soudés l'un à l'autre. Maintenez la portion longue de la corde bien tendue et passez le "U" entre ses deux mains.

Étape 4 : passez le "U" derrière ses poignets et les tours de corde. Faites-le revenir vers l'avant entre ses avant-bras.

Étape 5  : nouez le "U" à la portion longue de la corde. Veillez à ce que vos nœuds ne se positionnent pas entre ses poignets, au niveau du passage des principaux vaisseaux sanguins qui lui irriguent les mains. Réalisez autant de nœuds que la longueur du "U" vous le permet.

Étape 6 : votre bondage est presque terminé. Avec la portion longue de la corde restée libre, il ne vous reste plus qu'à lui attacher ses poignets à un élément du décor ou une autre partie de son bondage.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Coup de coeur pour "Impressions Bondage"

 
J'ai découvert cette semaine le site Impressions Bondage. Coup de coeur. Magie.
 
Le site de Karamel (de Lille) s'adresse plutôt aux débutant(e)s et se présente un peu comme un carnet de voyages relatant sa quête, ses découvertes, ses désirs, ses expérimentations souvent solitaires. Je n'ai trouvé nulle part de récit d'expérience de jeu à deux. Dommage car à imaginer Karamel à travers ses textes et ses photos judicieusement choisies - surtout les siennes bien sûr -, je suis persuadé qu'elle doit forcément être une partenaire de jeu passionnante. Les techniques qu'elle décrit sont intéressantes mais c'est surtout le caractère personnel de ses propos, ses confidences, ses "impressions" qui m'ont fait craquer. Un vrai petit bijou.
 
Sur le plan des "techniques d'animation d'un blog" (là je le confesse, je suis un vrai débutant), Karamel m'a fait comprendre l'utilité lumineuse des "catégories". D'où le petit travail effectué ce matin dans les allées et les bosquets de mon jardin secret pour réorganiser mes billets. La navigation dans le blog s'en trouve désormais facilitée. Autre intérêt des catégories : elle permettent d'un seul coup d'oeil d'avoir un panorama des sujets traités.
 
Une dernière chose, ma confidence du jour. En découvrant avec volupté les fantasmes vertigineusement personnels de Karamel, je me suis demandé si je n'étais pas passé depuis toujours à côté d'une évidence : au-delà de mes fantasmes de chatouilles, je nourris peut-être moi aussi une passion plus intense qu'il n'y paraît pour le bondage. C'est vrai que j'ai toujours adoré les cordes et les liens - bien plus que les bracelets même si ces derniers sont plus confortables pour ma complice de jeu -. Peut-être que finalement, le plaisir que je retire du bondage pendant le jeu n'est pas uniquement lié - sans jeu de mot - au fait de préparer ma proie au supplice des chatouilles. Peut-être ne suis-je à ce moment pas seulement excité par le futur proche mais aussi, tout simplement, par le présent.
  
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10月28日

Katie Melua : concert nantais reporté

 
Le concert de Katie Melua a été annulé à la toute dernière minute, pour cause de maladie. Pour être plus précis, il a en fait été reporté au 13 novembre. "La patience, c'est l'art d'espérer". Et puis, la semaine du 13, on sera sûrement moins nombreux au Zénith, peut-être du genre concert privé "Taratata" (émission qui l'a fait connaître en France) ou "One Shot Not". 
 
En attendant, je ne résiste pas à un petit clin d'oeil : même si ce n'est pas celle que je préfère, sa dernière chanson s'intitule "Two Bare Feet". Ca ne s'invente pas.
 
Katie Melua 2

"Two Knotty Boys" à l'épreuve du jeu

J'ai testé pour la première fois la technique de bondage expliquée dans la vidéo Two Knotty Boys (voir mon post précédent). Je l'ai utilisée pour ses poignets que j'ai attachés séparément aux deux extrémités latérales du lit. Comme je voulais à cet instant du jeu que ses chevilles soient jointes, j'ai préféré utiliser pour elles une technique plus classique car - premier retour d'expérience - celle de la vidéo n'est pas adaptée pour cette position.
 
Le problème des cordes en matière de tickling est toujours le même : comme la victime se débat (enfin, si le bourreau fait bien son travail - mdr), les cordes deviennent rapidement douloureuses et laissent des délicates marques sur la peau. "S'il n'y a pas de solution", dit la devise Shadok, "c'est qu'il n'y a pas de problème". Donc ? Vous pouvez par exemple lui enfiler d'abord sur ses poignets des petits bracelets de tennis (utilisés normalement pour éponger la sueur - en vente par exemple chez Decathlon où vous trouverez aussi d'excellentes cordes d'alpinisme parfaitement adaptées à nos jeux).
 
Cela faisait une éternité que je n'avais plus joué avec les cordes, ayant longtemps préféré les bracelets de cuir pour leur confort (de l'avis de ma proie) et la facilité qu'ils offraient de changer rapidement de position (sans devoir dénouer les cordes). Mais il ne faut jamais être exclusif et en fin de compte, j'ai retrouvé un plaisir infini et partagé à utiliser les cordes. Retour aux sources ? On peut le dire comme ça. "C'est une façon de s'occuper de quelqu'un que j'adore" ai-je lu récemment sur un forum de bondage.
 
En tous cas, la technique des Knotty Boys est vraiment géniale, à la fois pour sa facilité de mise en oeuvre, pour son efficacité et comme ils l'expliquent très bien dans la vidéo, pour la rapidité avec laquelle on libère la victime (sans devoir dénouer l'extrémité de la corde, liée dans mon cas au pied du lit). Cette technique offre donc de surcroît l'intérêt de sécuriser le bondage en diminuant les risques d'accident.
 
A vous de jouer.
10月26日

You can never leave

 
On a dark desert highway, cool wind in my hair
Warm smell of colitas, rising up through the air
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light
My head grew heavy and my sight grew dim
I had to stop for the night
There she stood in the doorway;
I heard the mission bell
And I was thinking to myself,
’this could be heaven or this could be hell’

Then she lit up a candle and she showed me the way
There were voices down the corridor,
I thought I heard them say...

(...)

Welcome to the hotel california
Such a lovely place
Such a lovely face
They livin’ it up at the hotel california
What a nice surprise, bring your alibis

Mirrors on the ceiling,
The pink champagne on ice
And she said ’we are all just prisoners here, of our own device’
And in the master’s chambers,
They gathered for the feast
The stab it with their steely knives,
But they just can’t kill the beast

Last thing I remember, I was
Running for the door
I had to find the passage back
To the place I was before
’relax,’ said the night man,
We are programmed to receive.
You can checkout any time you like,
But you can never leave!

 
Eagles, Hotel California.
10月15日

Les règles du jeu

Le fantasme virtuel est stérile et conduit invariablement à une impasse. Voir, écouter, écrire ne sont que des chimères, de faux dieux, des icones ineptes. Seul compte le jeu véritable, le jeu tactile avec un être de chair et de frissons, de sentiments et de désirs. Mais ce jeu-là n'est lui-même qu'un moyen. Seul compte l'être de chair et de frissons, dans ce monde anonyme et individualiste où "pour se toucher, il faut des mots de passe". Pourquoi as-tu envie de jouer avec moi ? Envie, désir. Qui mènent à cette volupté ineffable qui est à la fois notre drogue et notre Graal. Une drogue douce, infiniment douce. Qui es-tu ? Quels sont tes désirs ? Pourquoi ai-je envie de jouer avec toi ? Pourquoi as-tu envie de jouer avec moi ? Parce que tu es unique. Parce que je suis unique. Parce que nous voulons être uniques et unique. Nous ferons de nos jeux ce que nous voudrons qu'ils soient. Nous sommes comme les phalènes attirées par la lumière : plus elle est intense, plus elle nous excite et plus elle nous attire. Nous sommes la première génération à avoir découvert, grâce aux nouveaux outils de communication, la nature partagée de nos fantasmes qui est aussi leur véritable essence. Nous sommes les premiers à avoir assumé notre différence et à l'avoir sublimée. Par le jeu. Jouer avec toi, parce qu'il n'y a rien de plus intense, de plus inoubliable, de plus vivant. Jouer avec toi. S'approcher de la lumière jusqu'à la toucher, sans jamais se brûler les ailes. Jouer avec toi. Oser transformer nos rêves en réalités, prendre le risque d'emmêler nos désirs. Aller jusqu'au bord du précipice et soudain, sauter dans le vide. Jouer avec toi.
10月2日

La quatorzième nuit

Si non rogas intelligo.
Saint Augustin
 
J'avais d'abord pensé t'envoyer un second SMS, avec cette citation. Puisque tu n'avais pas répondu au premier. En fait, tu ne réponds plus ni à mes SMS ni à mes courriels. Plus j'y pense et moins je comprends. Si non rogas intelligo. Il ne saurait avoir de passion sans désir. Il ne saurait avoir de désir sans le jeu.
 
Je me poserai longtemps cette question : si réellement tes fantasmes étaient si irrésistibles, impérieux, envoûtants, comme tu me l'as si souvent dit et écrit, alors comment fais-tu aujourd'hui pour vivre sans eux ? Alors que tu as exploré longuement ces instants magiques où tout bascule, où tu perds pieds. Moi je ne le peux. C'est comme une drogue. On raconte que pour ressentir la douleur du manque, il faut prendre une feuille de papier et la faire glisser entre deux doigts, vite, et se couper ainsi. Il faut alors imaginer ce que l'on ressentirait si l'on répétait ce même geste un millier de fois.
 
Le vite son corte, écrivait Dante.