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Addictions Tactiles

Escapades au pays de mes fantasmes
第 1 张,共 2 张
10月28日

Death Proof

Tarantino Death Proof 5 Tarantino Death Proof 2
Tarantino Death Proof 3 Tarantino Death Proof 6
Tarantino Death Proof 4 Tarantino Death Proof 1

[ Cliquer sur les photos pour les afficher en taille réelle depuis leur site web d’origine ]

Pour ceux d’entre vous qui viendraient d’une autre planète, Quentin Tarantino est le metteur en scène de Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994), Kill Bill I (2003) et II (2004), Death Proof (2007) et du récent Inglourious Basterds (2009). Le fait qu’il soit né comme moi en 1963 n’a évidemment rien à voir avec le fait que (1) il adore littéralement les pieds féminins et que (2) je suis un inconditionnel de ses délires cinématographiques. Selon un article publié en 2007 sur le site Associated Content cité par Tenebrae en février 2009 sur son blog, ce serait Uma Thurman qui aurait révélé l’attirance assumée du metteur en scène, lequel se défend par ailleurs d’être un fétichiste. Il est vrai que les quelques images de Death Proof (Boulevard de la Mort en français) publiées ci-dessus prouvent définitivement le contraire. Dommage qu’il aime les pieds féminins et non les chatouiller : cela aurait pu nous offrir quelques moments d’anthologie.

Je vous avouerai sans détours que j’ai naturellement un faible pour la photo en bas à gauche. Le contraire vous aurait déçu, j’imagine. Et pour terminer ce billet, qu’il me soit permis d’y glisser une citation du (non) coupable issue des dialogues du film Pulp Fiction :

On sait qu'on a trouvé quelqu'un de spécial quand on peut la boucler et partager un silence agréable.

Enfin, dans le contexte de mes fantasmes de chatouilles, un silence agréable présuppose quand même l’usage d’un bâillon. Je ne suis d’ailleurs pas persuadé préférer personnellement le silence à quelques suppliques sincères et honnêtement obtenues. Sourire pour moi et rires pour elle.

9月25日

Bondage - technique de la double corde – version 2

Cette technique de bondage constitue une seconde version de la technique de la double corde, dont la première a été publiée dans ce billet. Elle a pour objectif d’attacher l’un à l’autre et joints (parallel tie en anglais) les poignets ou les chevilles de votre partenaire, libres ou à un point fixe comme par exemple un barreau de lit.
 
Comme dans la première version, elle utilise une corde double, mais la boucle est ici utilisée dès le début pour serrer les liens. Cette technique montre aussi comment terminer ce bondage, étape souvent délicate pour les novices.

Etape 1

Étape 1 : demandez à votre partenaire de joindre les mains. Choisissez une corde d'une longueur de 5 mètres minimum. Pliez la corde en deux, en formant un "U".


Etape 2

Étape 2 : passez la corde autour de ses poignets et glissez le côté libre dans la boucle du "U" (bight en anglais). Le nœud que vous réalisez ainsi s'appelle "tête d'alouette". Il n’est pas important à cet instant de serrer le premier tour (celui de la photo) lorsque vous commencez le second (après la boucle).


Etape 3

Étape 3 : enroulez la corde autour de ses poignets en serrant bien chaque tour. Evitez que les tours de corde ne se chevauchent.


 Etape 4

Étape 4 : passez l'extrémité de la corde dans la boucle (bight) initiale. C'est un peu difficile à expliquer, mais dans la pratique, vous ne pouvez pas vous tromper. L'extrémité de la corde revient ainsi sur un plan perpendiculaire. Tendez bien la corde pour assurer la solidité des liens.


Etape 5

Étape 5 : séparez les deux parties de la corde restées libres : faites passer l'une par dessus et l'autre par dessous les tours qui lui enserrent ses poignets.


Etape 6

Étape 6 : rejoignez les deux extrémités de la corde autour du bondage. Si nécessaire, doublez les tours de corde. Attention : ne serrez pas ces tours perpendiculaires de façon exagérée. Un changement de couleur de la peau ou des picotements dans les doigts sont des signes d’un bondage trop serré qu'il convient de relâcher SANS DÉLAIS.


Etape 7

Étape 7 : nouez les deux extrémités de la corde pour terminer votre bondage.


Dans le cas où vous souhaitez attacher les poignets ou les chevilles de votre partenaire à un point fixe comme un barreau de lit, il faut préalablement placer ses poignets ou ses chevilles de part et d’autre du barreau au niveau des étapes 1-2.

Deux options se présentent alors à vous :

  1. Au niveau de l’étape 3, enroulez la corde successivement devant et derrière le barreau de lit. Enchaînez par exemple deux tours de cordes d’un côté du barreau suivis de deux autres tours de l’autre côté, de sorte que le barreau soit emprisonné au milieu des tours de cordes. Cette option limite au maximum les mouvements des poignets ou des chevilles de votre partenaire.
  2. Complétez le bondage au niveau de l’étape 7 ou juste après, en attachant l’extrémité de la corde au barreau. Dans ce cas, le barreau sera “à l’extérieur” de votre bondage. La contention est généralement moins forte qu’avec l’option précédente mais le confort de votre partenaire sera amélioré dans le cas, par exemple, de barreaux de grand diamètre. Cette seconde option est également adaptée au cas où vous cherchez à immobiliser les pieds de votre partenaire à une certaine distance des barreaux du lit afin de pouvoir, par exemple, lui attacher les orteils en extension.

Source : site Web Bondage University

PS : j’avais publié ce billet il y a un an environ. Lors de sa relecture, je me suis aperçu que les images ne s’affichaient pas ou plus dans le bon ordre, en regard des étapes. En voici donc une nouvelle version corrigée et complétée par l’option du point d’attache fixe.

9月22日

Trente mille

Le cap des 30 000 pages visitées a été dépassé ces dernières heures. Cela fait dix mille pages lues en près de deux mois puisque mon billet “vingt mille” datait du 13 juillet. Et je ne comprends toujours pas, voire même de moins en moins, ce qui explique ce chiffre, sinon l’hypothèse des robots de référencement des moteurs de recherche. Ce blog est une île. Il y a quelques jours, un visiteur anonyme m’a envoyé un message privé glacial me demandant quel était l'objectif de ces quelques billets. Je ne lui ai pas répondu. Lorsqu’en 1996 j’ai créé un des premiers sites français traitant de knismolagnie, je venais de découvrir sur le Web que je n’étais pas seul au monde. Ce fut une révélation mystique : j’appartenais à la première génération de l’histoire de l’humanité qui pouvait assumer ses fantasmes en connaissance de cause. Mon but fut alors de communiquer, de partager les histoires que j’avais déjà écrites mais aussi et surtout de rechercher une partenaire de jeu. Aujourd’hui, le monde a changé : tout ou presque a été écrit, les sites Web font forcément du business et l’artisanat local a été phagocyté par la la toute puissante World Company. Ce blog est donc une île, un atoll perdu au milieu du Pacifique, trop petit pour être référencé sur une carte et forcément condamné par l’inexorable montée des eaux. Il n’y aura donc pas de billet titré “quarante” ou “cent mille” : parce que le sujet est clos pour le premier, et à cause du réchauffement climatique pour le second. Et parce que la seule chose qui importe vraiment, c’est de vivre ses fantasmes avec une fille formidable. Dans une semaine.

9月17日

La théorie du K.O.

Image2 Citation de Stieg Larsson, “Millénium Tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes”
Photographie : satellite SOHO (SOlar Heliospheric Observatory), éruptions solaires en janvier 2002

9月12日

Treizième lecteur

Un treizième internaute a acheté “Treize Nuits avec Rusalka” ce 11 septembre. Tous ces treize, ça doit forcément porter chance. Le plus surprenant, c’est que ce treizième lecteur est… napolitain. Après la Belgique, mon petit public continue donc de s'européaniser. Je trouve ce clin d'oeil plutôt flatteur. Quoi qu’il en soit, à lui comme aux douze autres, je lui souhaite une excellente lecture.

7月24日

Bonnes vacances

Dans les prochaines semaines, si vous voulez me contacter, vous me trouverez plutôt par ici…

…ou alors par ici si j’ai de la chance avec la météo (plafonds au Jalouvre à 3 000 mètres)…

… ou alors par ici avec un petit vent du Nord (au-dessus du col des Aravis)…

7月13日

Vingt mille

Blog Stats 20090711

Le cap des 20 000 pages visitées a été atteint dans la nuit du 10 au 11 juillet. Ce chiffre ne veut rien dire, naturellement, car je n’ai aucun objectif en cette matière. Tout au plus s’agit-il d’une information derrière laquelle il me plaît d’en trouver d’autres. Qui êtes-vous, visiteurs anonymes et silencieux ? D’où venez-vous ? Quels sont vos centres d’intérêts ? Pourquoi venez-vous me rendre visite ?

Les statistiques de Windows Live, mon hébergeur, m’apprennent que de manière générale, vous arrivez sur une page de mon blog de trois types de points d’accès :

  • 10% d’entre vous viennent  du blog de Karamel, Impressions Bondage, de la page “International Tickling Site Links” de TK-411 (Tickle Resource Center), de diverses pages des forums TMF ou Tickling.fr, et c’est à peu près tout. Dommage que le blog de mon ami Tenebrae ne figure pas significativement dans cette liste de qualité,
  • 30% n’ont pas de point d’accès identifié,
  • 30% viennent d’une autre page de mon blog,
  • 30% viennent en suivant les conseils d’un moteur de recherche.

Concernant ce dernier point, je vous livre en toute transparence les 50 derniers mots clés utilisés. Le plus surprenant dans cette liste – outre la position outrageusement dominante de Google (qu’il convient donc d’écrire définitivement avec une majuscule mdr) – c’est que mon blog semble traiter autant des chatouilles que du BDSM en général et du bondage en particulier. Est-ce un signe ? Sûrement un “cygne d’étang”…

image photo de bondage scotch
image l'initiation chatouille
image thebookedition couverture livre expert
image SUPPLICES SOUS LES PIEDS
image SUPPLICE DES PIEDS
image prisonnière attachée
image baillon scotch
image peheff 
image interrogatoire chatouilles

image peheff
image baillonnée scotch soumise
image film avec des torture de chatouilles
image initiation chatouilleuse
image signature d'un contrat d'esclave bdsm
image technique pour le bondage
image initiations chatouilles
image la chapelle chatouilles
image histoire de chatouille torture
image ORTEIL CHATOUILLE
image asylum plan (images)
image chapelle peheff

image corde bondage (images)
image baillon contrainte médical

image la torture des chatouilles
image zone des chatouilles

image baillon en anglais
image initiation chatouilles pieds
image waterbondage .com (images)
image prisonnière attachée
(images)
image bourreaux supplices tortures

image baillons
image baillon scotch
image message
image naissance
image peheff
image lechage de pieds a la chantilly

image impressionsbondage 
image blog peheff

image fille bâillonnée et orteils léchés
image torture par les chatouilles
image initiation
image impressionsbondage
image chatouilles chapelle

image bondage prisonnière
image baillon boule
image baillonner scotch
image ligotée et chatouillée
image supplice chantilly
image ticklingfr
image baillon+esthetique
7月11日

Fantasme pour pieds nus de KENZOKI


kenzoki_1
Sur la boîte :
KENZOKI PIEDS/FEET
Sur un des côtés :
FANTASME POUR PIEDS NUS baume de massage
Et sur l’autre :
Jeux de pieds savoureux à pratiquer seul ou à deux. Pieds nourris et délassés. Esprit enivré. A masser les yeux fermés. Répare, nourrit, délasse.

Sur les deux pages du livret glissé à l’intérieur :

MASSAGE RELAXANT DEROUTANT
effleurages doux, glissés et enveloppements

Déposer le baume généreusement sur le dessus du pied.
S’y promener en effleurages doux en remontant jusqu’au genou.
Là haut, doucement tourner et glisser en redescendant le long du mollet.
Flâner, appuyer et s’y attarder. Arrivé au pied,
l’envelopper de grandes caresses. Une, deux, trois fois. Et s’y reposer.
Puis se faire pattes de chat pour assouplir la voûte plantaire.
Reprendre son chemin vers le bout du pied.
Grimper sur le pouce et le masser de petits mouvements circulaires.
Puis sauter au doigt de pied suivant. Repartir en glissés légers,
très légers en remontant le long du mollet.

Aller explorer l’autre pied.

JEU DE PIEDS CADENCE
pressions vives et massage tonique

Plonger les doigts dans le pot et, sans attendre,
travailler le baume en effleurages vifs sur le pied.

Remonter le long du mollet. Descendre ensuite
jusqu’à la cheville. Et, tout au creux, la stimuler par
pressions circulaires. Attraper les doigts de pied.
Et les étirer un à un. Un, deux, trois, quatre, cinq.

Puis, filer sous le pied. Du talon aux orteils, jouer de
pressions appuyées en alternance. Gauche, droite.
Gauche, droite. Gauche, droite.

Le poings fermé, masser le dessous du pied, pour
terminer en effleurages toniques jusqu’au mollet.

Tout guilleret, sauter sur l’autre pied.

Cela ne s’invente pas. J’ai un peu de peine à imaginer que celui ou celle qui est à l’origine de ce produit ne soit absolument pas fétichiste, à cause de la présence surprenante et insistante du mot “fantasme” dans les textes. Les conseils de massage, plus conventionnels, s’inspirent des techniques de réflexologie plantaire dont je ne saurais trop vous conseiller de tenter un jour l’expérience dans un spa de qualité ; je garde pour ma part un souvenir impérissable d’un rêve en duo avec ma partenaire de jeu chez Terre de Jade.

Je me permettrai juste d’apporter une suggestion personnelle : après avoir massé longuement et sensuellement les pieds de votre princesse, armez-vous de patience en leur accordant un repos de quelques minutes, pour leur laisser le temps de s’imprégner de la chaleur voluptueuse née de vos caresses. Profitez-en pour lui demander si elle ressent de légers picotements agréables sur la surface de ses plantes, de ses coussinets, à la base de ses orteils. Si elle vous répond par l’affirmative, vous saurez tous les deux que sa sensibilité cutanée aura sans doute augmenté dans des proportions terrifiantes. Ensuite, je ne peux que vous suggérer de l’attacher TRES solidement, avant de commencer la séance de torture dont vous rêvez tous les deux. Et si l’addiction de votre princesse porte sur les tortures absolument insupportables, l’intensité de son supplice sera telle qu’elle ne voudra pour rien au monde l’interrompre. Privée de toute échappatoire, ne lui laissez alors pas l’ombre d’une chance et torturez-la jusqu’à épuisement total.

7月4日

Anticipation en V.O.

C’est Tenebrae qui est à l’origine de ce billet. Il me faisait remarquer récemment que sans remettre en cause mes choix - “les nouvelles appartiennent à leur auteur” (sic) – il préférait la première version de “Anticipation”, défendant l’idée qu’elle portait en elle une force que la version épurée de “Treize Nuits…” avait perdue. Plus particulièrement, me confiait-il, cette première version incluait un crescendo dans le supplice de Mehrnouch trouvant son apothéose dans la fin de l’histoire, qui renvoyait Mehrnouch dans son cauchemar, sans espoir de s’échapper ni même de comprendre. Ces arguments avait piqué ma curiosité, suffisamment en tous cas pour me donner envie d’aller fouiller dans mes archives.

J’ai retrouvé la version originale, publiée sur le site de l’Initiation en janvier 2000. Presque dix ans déjà. Et je dois avouer sa (re)lecture m’a ébranlé. Je me suis même demandé plusieurs fois si c’était bien moi qui était l’auteur de certains passages. Sans changer d’avis pour autant car je revendique aujourd’hui plus que jamais ma préférence pour la version de “Treize Nuits…”, plus homogène – pour ce qui en est du supplice, respect de la règle des trois unités d’action, de temps et de lieu –, moins candide et dont la fin fait référence au film “Avalon” dont je suis un admirateur inconditionnel. Mais comme Tenebrae me confiait qu’il n’avait malheureusement conservé qu’une copie scannée de la première version, je lui devais bien ce billet. Par compassion, bien sûr.

6月19日

Artisanat local

   

Il y a fort longtemps, j’avais découvert la photo d’un supplice original : la victime était allongée à plat ventre sur un chevalet capitonné de cuir noir, ressemblant à une table de massage. Son visage dépassait de l’extrémité de la table, face à un écran de télévision posé sur le sol, lui-même relié à une caméra vidéo, en circuit fermé, dont l’objectif était dirigé sur ses plantes de pieds chatouillées de manière fort adroite par quelque bourreau dont l’histoire, hélas, n'a pas retenu le nom. La suppliciée avait l’heureux privilège d'assister, en direct et de manière détaillée, à son propre supplice.

Je n’ai personnellement eu la chance de réaliser ce fantasme que deux fois au cours de ma vie de fétichiste passionné, la seconde tout récemment dans des conditions exceptionnelles et éblouissantes sur lesquelles je ne manquerai pas de revenir dans un prochain billet qui leur sera tout entier dédié. Mais souvent, en cette matière comme en tant d’autres, une image – ou une vidéo – vaut mieux qu’un long discours. Inutile de vous préciser que l’objectif de ce film n’a jamais été de concurrencer les productions alléchantes des multinationales dont les publicités envahissent nos chers forums spécialisés, d’ailleurs pas plus sur la forme que sur le fond, souvent maquillé comme une voiture volée. Cette courte vidéo – deux minutes quinze secondes sur les cinquante-cinq originales – est une friandise, un moment de sincérité et un parangon d’artisanat local militant. C'est aussi et surtout, le symbole d'une fusion sans nuance et d'une révélation dont le souvenir magique hante désormais mes jours et mes nuits.

6月17日

Regards complices

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Je dois vous avouer que cela fait plusieurs mois que j’hésite à publier ce billet. Tant et si bien que j’ai oublié l’origine de cette photo qui me trouble tant. “Kink.com” ou “.ca” sans doute, mais peu importe. Avant de vous confier ce que j’aime dans cette photo, je dois vous préciser ce que je n’y aime pas : les marques de flagellation sur le dos, un des nombreux aspects du BDSM avec lesquels je prends clairement mes distances. Bien sûr qu’il serait naïf de nier que les jeux de chatouilles soient imprégnés de domination et de soumission. Mais frapper ma partenaire de jeu, avec un fouet, une badine ou même une plume, avec son assentiment ou à sa demande, est l’antithèse de mes fantasmes : je n’en éprouve aucun désir et n’y éprouverais aucun plaisir. Frapper est l’antithèse des chatouilles.

Alors pourquoi cette photo me trouble-t-elle tant ? Pour appeler un chat un chat – celui que l’on ne fouette donc pas -, j’aime passionnément cette image, parce qu’elle me raconte une histoire qui me plaît. Oublions donc les marques de flagellation et imaginons que ce dos soit indemne. Imaginons que ce jeu qui vient d’être partagé était bien une terrible séance de torture, mais de chatouilles.

J’aime avant tout le regard du Prince, mais j’y reviendrai. J’aime l’attitude de sa princesse, à la fois fière, insolente et soumise : non seulement elle est prête à recommencer mais plus encore, elle le désire follement. J’aime qu’elle ne soit pas totalement nue, qu’elle porte cette petite jupe sexy qui accentue l’attrait de ses charmes dévoilés. J’aime qu’à ses poignets soient attachés les bracelets de cuir, témoins des jeux passés et promesses de ceux à venir, car de toute évidence nous sommes au cœur du jeu. J’aime aussi, justement, que ses poignets ne soient pas attachés, tandis que la position de ses bras laisse penser le contraire. Soumission. J’aime aussi cette queue de cheval, tellement adaptée aux jeux les plus endiablés, et souvenir de mes années de fac d’éducation physique. J’aime aussi la position de ses mains détendues, de ses longs doigts qui se croisent. J’aime enfin ce petit tatouage sur l’épaule, signe d’empreinte, métaphore du lien qui unit la princesse à son Prince, de leur complicité, de leur fusion sans nuance. J’aime enfin, parce qu’elle me raconte une histoire, tout ce que cette photo ne me dit pas. Que va-t-il lui murmurer ? Va-t-il lui dévoiler son prochain supplice, ou bien peut-être son enjeu ? Est-elle pieds nus ? Porte-t-elle également des bracelets à ses chevilles ? Voit-elle le chevalet sur lequel il s’apprête à l’entraver, le chevalet de son prochain supplice ? Peut-être va-t-il cette fois lui attacher les orteils, étirés, bien écartés, pour l’y torturer sans aucune pitié ?

Mais j’en reviens toujours au regard, celui que l’on voit et surtout celui que l’on devine dans celui que l’on voit. Deux regards complices, forcément, follement, inconditionnellement. Jouer, c’est fusionner.


PS : les termes consacrés de Maître et de soumise ne m’ont jamais plu, surtout le second. Si je considère que le Tickling est bien une forme de BDSM dont il convient de ne pas renier les origines sinon nier les affinités, il faut aussi et surtout que le Tickling sache créer sa propre identité, exister en tant que pratique BDSM à part entière, avec sa maturité et sa propre personnalité tactiles. J’ai donc choisi d’utiliser les mots de Prince et de princesse (attention aux majuscules) qui me conviennent mieux et sont surtout en symbiose avec ma propre histoire.

6月7日

La naissance d’un fantasme – la piscine

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“Dans le jardin à présent délaissé, résonnaient encore les cris et les rires de la bataille : les seaux gisaient sur le gazon, avec le tuyau d'arrosage, éparpillés au hasard des derniers combats. L'eau claire de la piscine paraissait encore agitée des plongeons et des ébats joyeux des jeunes filles.”
Extrait de “Treize Nuits avec Rusalka”, “Point Faible”

6月6日

Be the change you wish to see in the world

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– Mais je ne veux pas aller parmi les fous, fit remarquer Alice.
– Impossible de faire autrement, dit le Chat. Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ? demanda Alice.
– Tu dois l’être, répondit le Chat, autrement tu ne serais pas venue ici.

Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles, Chapitre VI

6月3日

La naissance d’un fantasme

Je trouve que la naissance du fantasme d’une lee est un instant magique. Même si elle porte en elle ce désir depuis toujours, le moment de la révélation me fascine, celui où pour la première fois, elle prend conscience de son plaisir d’être chatouillée. Comme le plus souvent cette expérience remonte à son enfance, son plaisir y est d’abord innocent. Plus tard, avec l’éveil de sa sexualité, elle s’aperçoit peu à peu qu'il s’enrichit d’une excitation troublante parce qu’inédite et irrésistible.M1-small

- Te souviens-tu de la première fois ?
Des étoiles brillent dans ses yeux tandis qu’elle esquisse un petit sourire mutin.
- Je devais avoir treize ou quatorze ans peut-être. Je me souviens que j’étais en maillot de bain car c’était une magnifique journée de printemps où nous nous étions baignés dans la piscine. J’avais sans doute un peu trop taquiné mon parrain allongé dans son hamac. Il m’avait attrapée et immobilisée contre lui en emprisonnant ma main entre ses jambes. Puis il s’était emparé de mon pied droit et l’avait chatouillé. Cela ne dura qu’une poignée de secondes, absolument insupportables car il semblait savoir exactement où j’étais chatouilleuse. Ce fut la première fois où je m’aperçus que j’aimais follement cela.

Je la regarde en souriant, savourant le goût délicieusement acidulé de sa confidence, tout en jalousant secrètement cet inconnu qui, sans le savoir, partagea avec elle ce moment unique, et eut l’immense privilège de l’éveiller. Mais était-ce vraiment sans le savoir ?

5月13日

No limit

Gage n°2 : te trouver toi-même un gage (absent de ma liste bien sûr).

Gage n°3 : jouer sans safeword.

Ce troisième gage m’a été inspiré par le site Nest Gathering, dans la rubrique “Kidnapping Scenarios”. Je trouve follement excitante cette idée de te faire subir un supplice sans te laisser disposer du recours ultime, sans aucun espoir d’échappatoire. Excitante par sa lumineuse et terrible simplicité. Excitante parce qu’elle prend le contre-pied des règles BDSM qu’il convient de ne pas prendre au pied de la lettre. Excitante parce que, et surtout parce que…

...à réserver à des partenaires expérimentés, et s’accordant donc une confiance aveugle.

As-tu assez confiance en moi pour accepter ce gage ?

PS : je m’interroge par conséquent aussi sur le caractère raisonnable de cette disposition dans le cadre des kidnappings du NEST. Dans une nouvelle de “Treize Nuits…”, je pourrais comprendre mais au NEST, c'est déjà plus difficile. A ce propos, saviez-vous quelle était la signification de l'acronyme ? En tous cas, comme je l'ai lu sur le TMF, l'ignorer est le plus sûr moyen d'y passer pour un bleu, un vrai rookie. Ce qui ne vous arrivera pas puisque NEST signifie “North East Society of Ticklephiles”. La culture, c'est comme la confiture... entre les orteils, et avec la langue !

5月12日

Douzième lecteur

“Treize Nuits avec Rusalka” compte depuis le 5 mai un douzième lecteur, et le premier Parisien (voir mon billet du 18 février dernier). Je le remercie et lui souhaite une bonne lecture.

5月8日

I Love Tickling

Gage n°1 : porter ce t-shirt dans un lieu public.

I Love Tickling 1

Sur une idée originale de vistaprint.fr

5月5日

Basculer

Chatouiller jusqu’à atteindre ce moment magique où tu bascules, où l’univers chavire, où le temps suspend son vol. Chatouiller jusqu’à te faire perdre contrôle et lucidité.

L’instant magique ne se saisit pas d’évidence. Il est furtif, ne s’apprivoise pas, reste sauvage. Il attise ma curiosité parce que je te l’offre sans pouvoir comprendre ton abandon. Je ne peux que l’esquisser, tenter de l’imaginer. Que ressens-tu lorsque tu bascules dans cet autre monde, ce troisième monde ? Ton esprit s’arrête de penser, m’as-tu confié, comme une absence, une suspension. La sensation extrême de planer, de flotter. Les mots sont difficiles à trouver, puisque déjà il faudrait te souvenir de ces instants où ton esprit est immobile dans le vide. Que se passerait-il si le supplice alors se poursuivait, si j’ignorais tes suppliques et m’aventurais avec toi, pour toi, un peu plus loin ? Juste un tout petit peu.

Certaines choses ne s’imaginent pas. Elles doivent se vivre. Vouloir les rêver, c’est risquer de ne jamais les connaître. La seule qui importe est de te laisser tenter, de t’en remettre à moi et à la confiance que tu me portes, puis de t’abandonner, de me laisser t’emmener, te chatouiller, étirer le temps, patiemment, obstinément, jusqu’au moment de basculer.

4月29日

Supplier

J’ai cité Aristote dans mon billet du 4 février : “L'infini n'est pas un état stable, mais la croissance elle-même”. Cette phrase a pris la semaine dernière une dimension nouvelle. Inconsciemment ou pas, j’ai toujours considéré que la recherche de l’intensité était un objectif incontournable des jeux de chatouilles. Ne juge-t-on pas l’expert dans sa capacité à faire supplier sa victime ? “Elever les chatouilles au rang de supplice” m’écrivait un internaute ce matin. L’esprit du jeu est de nuancer cette recherche d’intensité en l’imprégnant des fantasmes de sa proie, en répondant à ses désirs dont celui d’aller toujours plus loin et parce que cette quête l’excite plus que les autres.

D’accord, mais pourquoi le moment de supplier est-il un fantasme partagé ?

Tout d’abord, l’idée de supplier n’a rien à voir avec la soumission, et certainement pas au sens où l’entendent communément les jeux BDSM. Dans les jeux de chatouilles, le moment de supplier est celui où la suppliciée lâche prise, perd tout contrôle et s’en remet totalement à son bourreau. La sémantique BDSM définit ce moment comme le sub-space, je crois. La proie ne se soumet pas, jamais : elle bascule dans le vide, elle perd pied. Rien à voir avec une quelconque humiliation ou soumission. Tout à voir avec la confiance, l’abandon, la fusion. Nous sommes au bord de la falaise et le vent chaud lèche ton visage. Tes chevilles et tes poignets sont attachés. Tu regardes ce vide qui t’attire irrésistiblement. Tu sens ma main dans ton dos qui te pousse doucement, très doucement, inexorablement. Et le moment vient où tu bascules. Vais-je te rattraper au tout dernier moment ? Allons-nous basculer ensemble, accrochés l’un à l’autre, en base-jump ? C’est peut-être la raison pour laquelle il s’agit d’un fantasme partagé.

C’est aussi un moment rare, qui ne se prévoit pas, mais qui se partage forcément. On le cherche, mais on ne sait dire exactement si et quand on va le trouver. Ce qui lui confère une saveur particulière.

Une autre idée se cache aussi derrière celle de supplier. Car l’instant est fugace : lorsque tu me supplies vraiment, lorsque tu utilises le safeword ou que tes mots ou le son de ta voix deviennent soudain différents, alors nous savons tous les deux que le jeu s’achève. Ou plutôt se suspend : une fois que tu m’auras supplié d’arrêter, tu me supplieras de recommencer.

Finalement, qu’y a-t-il alors de pire pour un bourreau que de supplicier une victime trop chatouilleuse ? Parce que si elle supplie trop rapidement, si le but est atteint dès qu’il le décide, presque sans difficulté, alors n’est-ce pas une forme de frustration pour lui que de devoir se contrôler, retenir ses gestes, chatouiller pour rire, pour ne pas obliger sa proie à lâcher prise trop vite, sans avoir profité pleinement du supplice.

“Si à chaque fois, le supplice devient de plus en plus intense, m’as-tu écrit, alors jusqu’où irons-nous ?” Je ne sais pas. Mais j’ai follement envie d’aller voir. Aller voir si Aristote a raison.

4月18日

Le Crayon Nageoire

J’ai relu cette semaine les trois premières histoires publiées dans “13 Nuits avec Rusalka”. Je me suis surpris à retrouver cet instrument de torture que j’avais créé à l’époque sur les lieux du tournage de “L’Initiation d’Isabel”, et que j’avais dénommé le “crayon nageoire”. Voici une copie actualisée de la page de l’Initiation qui lui était consacrée.

LE CAHIER DES CHARGES

Si la plume constitue l’instrument de torture fétiche par excellence, elle présente toutefois quelques inconvénients. Elle est fragile et délicate : sa grande souplesse, surtout à sa pointe, ne permet pas d’appliquer une pression importante sur la peau. Si la victime n’est pas très chatouilleuse, la plume n’est souvent pas suffisante pour susciter des sensations vraiment insupportables. De plus, les effets de la torture ne sont maximaux que lorsque la pointe de la plume est parfaitement formée, ce qui est difficile à garantir longtemps dans la mesure où le bourreau qui souhaite intensifier les sensations a tendance à appuyer plus fort sur la peau, déformant ainsi son instrument. Et interrompre le supplice pour lisser la plume peut être un obstacle majeur.

L’idéal serait donc de disposer d’un instrument possédant les caractéristiques naturelles de la plume tout en étant moins sensible à la déformation sous pression. Le “crayon nageoire” est cet instrument.

Pour le construire, il faut disposer de trois ustensiles de base : un crayon de papier, un petit élastique et surtout, une nageoire de queue d’un poisson. Le dernier composant est bien entendu capital : de lui dépend la qualité de l’instrument de torture.

Il faut absolument que le poisson soit de première fraîcheur car après quelques heures, la nageoire de l’animal se dessèche et perd sa souplesse. Il convient également de choisir une queue aux formes pointues à ses extrémités supérieures et inférieures, mais néanmoins pas trop effilées afin de garantir une rigidité adéquate génératrice des sensations de chatouilles extrêmes. Dans l’exemple qui suit, j’ai utilisé la queue d’un mulet de taille moyenne, pêché de surcroît par votre serviteur avec un fusil à air comprimé.

LE MONTAGE DU CRAYON-NAGEOIRE

La première étape consiste à laver soigneusement l’animal, l’odeur restant évidemment le défaut principal de l’instrument. Les plus sensibles d’entre vous sur le plan olfactif utiliseront sans doute un déodorant pour éviter que leur salle de torture n’évoque rapidement la criée du Guilvinec.

crayon_nageoire_1La seconde étape, plus tranchante, consiste à séparer la queue de son propriétaire. Attention de ne pas couper trop court, car une fois désolidarisée du corps de l’animal, la nageoire a tendance à perdre ses formes initiales pour s’aplatir fortement. Attention, ce dernier point peut surprendre le néophyte jusqu’à susciter une vraie déception.

Pour la troisième étape, il convient d’enrouler la base de la queue autour de l’extrémité du crayon (ou de tout autre objet présentant des caractéristiques similaires). Travaillez avec soin et faites en sorte que les extrémités pointues de la queue arrivent exactement à la même hauteur, afin qu’elles puissent chatouiller la peau de votre victime simultanément. D’ailleurs, le crayon nageoire présente cet avantage par rapport à la plume, d’offrir deux extrémités pointues chatouilleuses.

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La quatrième et dernière étape consiste à attacher la queue enroulée au crayon. Vous pouvez par exemple utiliser un élastique. Le plus facile est sans doute de préparer l’élastique autour des doigts, en le bouclant plusieurs fois sur lui-même, avant de le faire glisser le long du crayon. La seule contrainte est de disposer d’assez de force dans les doigts pour passer les deux doigts tenant l’élastique autour du crayon. Au moment où vous relâcherez alors la tension en retirant vos doigts, l’élastique se resserrera pour immobiliser fermement la queue du poisson.

4月17日

Mille et une nuits

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Source des illustrations :
MTJ Publishing, Tales From The Asylum #20
BDSM Artwork, Artist DAMIAN

La légende rapporte que chaque nuit, Shéhérazade racontait à son amant, le sultan, une histoire dont elle promettait toujours la suite pour le lendemain, évitant ainsi d’être suppliciée.

Une autre légende raconte qu’Abderam, le frère du sultan, avait enlevé la princesse hongroise Raymonda pour l’épouser. Comme elle refusait de se soumettre, le seigneur Sarrazin l’avait livrée à ses odalisques, dont l’expertise dans les supplices les plus raffinés n’avait d’égale que leur jalousie maladive à l’égard des nouvelles rivales, particulièrement lorsqu’elles étaient étrangères.

“Aucune marque” avait été la seule consigne de leur maître, avant de livrer la captive aux supplices.

Malgré son exceptionnelle résistance et sa détermination farouche, Raymonda finit par craquer, supplier ses bourreaux d’arrêter tout en promettant de se soumettre au prince. Mais les odalisques avaient pris goût à chatouiller la belle étrangère aux jolis pieds sensibles, et jouissaient du plaisir coupable de la voir se tordre sous leurs tortures en hurlant de rire. Elles s’abstinrent donc de rapporter à leur maître la capitulation de leur proie, et poursuivirent les terribles et délicieux supplices. Naturellement, lorsque le prince Abderam s’aperçut de la forfaiture de ses odalisques, il les condamna à prendre la place de leur victime, pour une durée indéterminée.

Trop tard toutefois pour la belle princesse Raymonda qui était déjà devenue dépendante, victime d’addiction tactile. Adberam était condamné à torturer sa belle toutes les nuits, afin de satisfaire les désirs irrésistibles qu’il avait lui-même sinon initiés, tout au moins follement embrasés. Condamné à la torturer mille et une nuits…

4月10日

La couleuvre sensuelle

“Elle ouvre les draps et s’y glisse avec une aisance de sirène. La voilà sur moi, chaude et souple, ondulante, ses jambes étreignent les miennes, ses bras se nouent à mon cou, tout son merveilleux corps est une caresse enveloppante et si persuasive, si suggestive (…) son aptitude à se lover contre moi, telle une couleuvre sensuelle”.
Françoise Rey, Métamorphoses

Je me suis longtemps demandé quels étaient mes désirs profonds lorsque se dénouaient les derniers liens et que le jeu s’achevait. J’ai longtemps vécu avec l’idée qu’il fallait nécessairement conserver une certaine distance avec ma partenaire de jeu, physique j’entends, au-delà de l’intimité tactile du jeu lui-même. Le supplice était un monde sensuel, et l’après supplice cédait la place une relation cérébrale. A cette époque, je n’entremêlais chatouilles et excitation sexuelle que dans mes nouvelles. C’était ainsi, une convention tacite que j’avais acceptée sans poser de questions. Sans me poser de questions.

Se donner comme règle de ne pas mêler le sexe aux chatouilles est un choix respectable, qui permet aussi d’éluder des questions délicates. Ce n’est pas celui de mes fantasmes. En acceptant les risques inhérents, j’ai toujours considéré l’orgasme forcé (traduction de l’anglais en tant que pratique BDSM, même si ma partenaire et moi trouvons le terme impropre) comme un ingrédient indissociable de mes fantasmes de chatouilles. Le jeu est tactile mais aussi éminemment sexuel. Rien à voir bien sûr avec des rapports conventionnels. Je parle de tout autre chose. J’ai eu récemment la chance de pouvoir transformer ce rêve en réalité, et de la manière la plus agréable qui soit. Après ce jeu, j’ai laissé ma couleuvre venir se lover contre moi, et j’ai découvert combien cette proximité tactile m’était aussi agréable que le jeu lui-même, et constituait surtout son naturel et délicieux prolongement. C’est une question de sensualité avant d’être, peut-être aussi, une question de sentiments.

Cette dernière question est délicate mais certainement pas propre au jeu. En voici donc une autre, beaucoup plus intéressante selon moi, que Françoise Rey pose quelques pages plus loin dans sa nouvelle “Question de goût” : “J’ai retrouvé plus tard, chez des hommes, des hommes faits, mûrs déjà, imbus de leur rôle de dispensateur de plaisir, la même joie passionnée du don, le même orgueil narcissique, la même fausse générosité. Régner sur le plaisir de l’autre, c’est se voir magnifique dans son regard chaviré, magnifique et redoutable, car c’est aussi, quelque part, le dominer et le réduire. Il y a sans doute la même ivresse à prodiguer la volupté que la douleur, et il n’est pas hasardeux que parfois les deux se rejoignent sous le fouet d’un bourreau raffiné.”

Comment ne pas tomber dans ce piège, comment jouer sans réduire ? Tout comme le sexe, la domination est aussi un ingrédient du jeu, mais une domination jouée, simulée. Je te déshabille, je t’attache, je te torture. Mais où se trouve alors la ligne à ne pas franchir ? Régner sur le plaisir de l’autre, c’est refuser – ou lui refuser – de s’abandonner. Il y a un danger véritable à n’être que bourreau, celui de cette domination insidieuse, de cette fausse générosité. Ce danger se cache dans le jeu lui-même, d’autant mieux quand il est intense et étourdissant. Sans doute la réponse à ces questions est-elle à chercher dans la volupté des chatouilles qui confère à celle du plaisir une ivresse particulière. Dans cet ordre précis. Il n’est pas hasardeux qu’à ce risque, Françoise Rey ait associé précisément une image BDSM : la volupté et la douleur. La douleur ? Certes, mais qu’en est-il de l’exaspération ? Si vous ne voyez pas, demandez-le à votre partenaire de jeu.

4月3日

La brosse à dents des experts


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C’est en tout cas ce que prétendait la publicité. J’entrai dans le magasin avec cet à priori, bien décidé à le mettre à l’épreuve de la compétence d’un expert. Je me dirigeai d’un pas assuré vers le linéaire sur lequel une bonne quinzaine d’instruments étaient soigneusement alignés.
A première vue, rien ne me permettait  de distinguer le bon grain de l’ivraie.
- Bonjour Monsieur, puis-je vous aider ? fit une charmante voix juste derrière moi.
J’avais de la chance. Le conseiller était une conseillère : de grands yeux verts, cheveux bruns mi-longs, la quarantaine resplendissante et une silhouette élancée de danseuse de ballet : oui décidément, j’avais vraiment de la chance. Si en plus la belle était compétente – et je n’osais imaginer le contraire – cet achat mêlerait certainement l’utile à l’agréable.
- Bonjour, répondis-je en lui adressant un sourire enjôleur. Je recherche une brosse à dents électrique.
- Et à quel usage la destinez-vous ? Hygiénique ou tactile ?
- Tactile.
- Parfait.
Le sourire qui éclaira son visage me révéla sa préférence de me conseiller sur cet usage plutôt que l’autre. Son expérience en la matière n’était peut-être pas uniquement théorique. Tant mieux. Seuls les retours d’expérience vécue méritent notre confiance.
- La première chose que je vous conseille, reprit-elle en m’entraînant vers l’extrémité du rayon, c’est de vous orienter vers un appareil à double brosse. Leur efficacité est meilleure. Les mouvements simultanés des deux brossettes sont redoutables.
Après une courte pause pour me laisser le temps de bien intégrer son argument, elle reprit :
- Ensuite, il faut absolument éviter les brosses tournantes, qui sont beaucoup trop irritantes dès lors que vous envisagez un supplice prolongé. Est-ce votre cas ?
- Tout à fait.
- C’est bien ce que je pensais. Les brosses vibrantes n’ont pas ce défaut et leurs effets sont donc plus intenses, à la limite du supportable. Imaginez : 7 600 mouvements par minute, plus de 120 par seconde, aucune victime un tant soit peu chatouilleuse ne peut y résister.
Voyez, nous avons regroupé sur cette partie du rayon les produits les plus adaptés à un usage tactile. Quels sont les endroits que vous préférez torturer: la plante du pied, le talon, les orteils ?
- Cela dépend des circonstances. Les endroits sensibles varient d’une séance à l’autre, mais la base des orteils est presque toujours sensible. De même d’ailleurs que la pointe des gros orteils.
- Vous semblez avoir quelque expérience en la matière. Est-ce votre premier achat ?
- Oui. Mais il y a quelques années, j’ai utilisé une brosse à dents électrique en une seule occasion. L’expérience ne fut guère concluante et pourrait même être qualifiée d’échec. Je dois toutefois vous préciser qu'il s’agissait d’un instrument mono brosse, tournante de surcroît.
- Je vois. Vous aviez en effet peu de chances. Aujourd’hui, les instruments de torture bénéficient des résultats de plusieurs années de recherche dans des laboratoires
spécialisés.
- Et pour l’autonomie ?
- Les appareils que nous vous proposons ont une autonomie d’une vingtaine de minutes. En outre, le temps de rechargement est assez rapide pour vous permettre d’enchaîner plusieurs séances dans la même journée, si vous le souhaitez.
- C’est le cas.
- Une dernière chose importante : si votre victime est très chatouilleuse, je vous conseille un modèle pouvant également être utilisé sans l’embout, c’est-à-dire sans la partie supportant les deux brossettes.
La jeune femme s’empara alors d’un des appareils dont elle désolidarisa l’embout du manche, avant de me montrer l’extrémité dénudée de ce dernier :
- Comme vous le voyez, les brosses vibrantes sont animées par cette petite pièce de métal, fine et aplatie. Le supplice nécessite une certaine dextérité, mais il est possible de torturer votre victime en effleurant sa peau directement avec cette pièce. Entre les orteils, croyez-moi, ces chatouilles sont absolument insoutenables. Il convient toutefois de faire preuve d’adresse, car plus légèrement vous effleurerez, plus intense
sera l’exaspération. En revanche, si vous appuyez un peu trop, juste un peu, vous induirez une sensation douloureuse et désagréable.
- Bien. Vos explications sont claires et vos arguments convaincants.
- Et par ailleurs, mes derniers conseils valent également pour l’usage de la brosse à dents électrique en général. Je dis souvent à mes clients que c’est un instrument d’horloger, pas de forgeron. Si vous voyez ce que je veux dire.
- Je vois parfaitement. D’ailleurs, je vais même vous acheter deux appareils : s’il sont aussi efficaces que vous l’affirmez, je pense que soumettre ma victime à un double supplice sera intéressant. Prolonger la torture en pareilles circonstances pourrait alors avoir un charme tout particulier.
- Je n’en doute pas, comme je ne doute pas de son plaisir. Avez-vous la carte de fidélité ?
- Absolument.
- Dans ce cas, nous vous offrons en cadeau un flacon d’huile de massage. Un complément qui vous sera bien utile, pendant et après l’utilisation de vos instruments de torture.

3月30日

La onzième lectrice

Ce billet d’abord pour vous faire partager ma joie – modeste et non prétentieuse – de compter depuis le 25 mars un onzième lecteur de “Treize Nuits avec Rusalka”. Un onzième lecteur qui est d’ailleurs une lectrice. Merci Nadine, je te souhaite une excellente lecture.

Ce billet ensuite pour vous faire partager ma déception de n’avoir toujours pas eu le plaisir de lire un seul commentaire sur la page de TheBookEdition. D’où la modestie de ma joie, car ce silence laisse à penser que mes histoires ne plaisent pas suffisamment pour donner envie de partager. Mes lecteurs et lectrices sont-ils déçus ou seulement timides ?

Blog Stats 20090330Ce billet enfin pour vous dire que vous êtes de plus en plus nombreux à venir vous balader sur les pages de mon blog. Le nombre symbolique de 10 000 pages lues a été dépassé il y a quelques jours. La moyenne hebdomadaire est de l’ordre de 500 pages visitées. Vous restez toutefois ici aussi des visiteurs désespérément anonymes, en refusant (sauf rares exceptions confirmant la règle) de me laisser le moindre commentaire. Je vous concèderai que l’obligation de posséder un compte Live Mail soit une contrainte, mais une contrainte pouvant être levée en trois clics de souris tout en préservant votre anonymat en est-elle vraiment une ? Je ne le crois pas, et pour plusieurs raisons que vous connaissez déjà. Dommage donc. Comme je l’écrivais récemment, animer un blog sur le thème de la knismolagnie est définitivement un monologue. Ou plus exactement un dialogue, dont vous ne lisez par ailleurs que mes seuls propos. Bien fait pour vous. S’il s’agissait d’un véritable monologue, sans doute aurais-je déjà depuis quelque temps sinon glissé la porte sous le paillasson, tout au moins réduit le nombre de mes billets à sa portion congrue. Je suis sûr que ma princesse captive avait depuis longtemps deviné pourquoi il me plaisait qu’elle reste dans l’ombre.

3月3日

Knismolagnie : paraphilie du tout

Tu penses sans doute que tes fantasmes de chatouilles ne sont qu’une pratique sexuelle curieuse, exotique et inoffensive. Tu te demandes peut-être s’ils relèvent du BDSM ou du fétichisme. Bonne question. Mais pendant que tu dissertes gentiment sur ton forum favori, un détail t’échappe, un petit point rouge qui glisse lentement sur les murs de ton antre. Il vient de s’immobiliser. Sur toi.

Pourquoi ? Parce que des psychiatres américains ont donné à tes chers fantasmes le redoutable nom de paraphilies (paraphilias). Des listes de ces pathologies sont présentes un peu partout sur la toile, comme par exemple sur le blog de ce jeune canadien :  “Le Silence”.

Si tu l’ignorais, sache qu’être excité sexuellement par :

  • le fait de toucher ou d’être touché s’appelle la naphephilie,
  • le bondage s’appelle la vincilagnia,
  • les pieds s’appelle la podophilie (le “fétichisme des pieds” n’est donc qu’une définition),
  • le fait de se faire chatouiller par une plume s’appelle la pteronophilie,

Et surtout, bien sûr :

Ca ne s'invente pas.

Certaines paraphilies sont tellement ahurissantes que tu douteras peut-être de leur réalité. Sauf que les mêmes psychiatres s’accordent pour les qualifier de déviances et de perversions. Sauf exception, les paraphilies ne touchent que les hommes : si tu es une fille, tu peux dormir tranquille. Soit tu n’as pas de fantasmes, soit tes fantasmes sont totalement bénins (sur le plan psychiatrique). Sauvée : le petit point rouge vient de disparaître.

En revanche, si tu es un mec, tu restes en joue. Pendant que tu es encore libre de tes mouvements, profites-en pour lever tes derniers doutes en tapant “paraphilia tickling” ou “paraphilie knismolagnie” sur Google. Moi, ce qui me dérange, ce ne sont pas tant les listes qui comportent quelques évidences pathologiques condamnables. Non, ce qui me dérange, c’est l’amalgame que l’on y fait entre – par exemple et justement – la pédophilie et la podophilie. Une lettre, une seule petite lettre, mais qui change beaucoup de choses.

Du coup, je trouve que tout ceci est plutôt inquiétant, voire franchement flippant. La déviance et la perversion sont des mots lourds de sens, qui se définissent uniquement par rapport à une majorité forcément garante de normalité : est-ce donc uniquement parce que nous sommes peu nombreux que notre fantasme est jugé sans appel comme une déviance et une perversion ? “La folie, c'est la loi de la majorité” : c'est de Terry Gilliam et c’est dans “L'Armée des Douze Singes”. Or le problème avec la majorité, c'est que même quand elle a tort, aucune minorité n'est crédible pour le prouver : la majorité a donc toujours raison. J’avais écrit sur l’Initiation que “la folie et la normalité ont toujours été sujets à interprétation. Au cours de l'Histoire, et récemment encore avec la psychanalyse, la question s'est posée avec acuité. Le fou est celui qui dérange, que l'on ne comprend pas, qui s'écarte de la majorité silencieuse. Sa vision du monde passe par un prisme déformant qu'il est seul à percevoir. Il est toujours plus facile de juger que de définir”. Il semble naturel de penser que la knismolagnie, comme toutes ses copines, sont des maladies qu’il convient de traiter, et dont il convient de guérir. De gré ou de force ? Bonne question. Et pour les réfractaires ? Ostracisme, enfermement dans un centre spécialisé, persécution peut-être ? A qui as-tu osé jusqu'ici avouer tes fantasmes de chatouilles ? A personne ? Alors comment est-il au courant, celui qui est à l’autre bout du petit point rouge ?

Pour toutes ces raisons, j’ai sursauté en découvrant cette photo incroyable sur un post de TickleTheatre.  L'originale est publiée sur le site du magazine de mode américain W, dans un diaporama montrant des “jeunes filles jouant aux jeunes délinquantes dans des situations compromettantes”, entre une série de clichés de Madonna et une autre de Brad Pitt. Sans blague. J’ai peut-être mal vu, mais la fille sur le lit, elle a bien les chevilles attachées et elle se fait chatouiller les pieds, non ? La légende doit être écrite par un martien parce qu'elle ne parle que de vêtements en satin, de Jean Paul Gaultier, d’une boutique à Santa Monica et d’une autre à New-York. Hallucinant, non ? Au moins autant que la liste des déviances et perversions sexuelles qu’on appelle paraphilies. A ton avis, cette photo, c'est de la naïveté, de la provocation, du cynisme – la knismolagnie comme argument marketing – ou un simple contrepied ? J’aime assez l’idée du contrepied, mais ce serait sans doute de la naïveté.

Pour conclure sur une note positive, je vois au moins une bonne nouvelle dans tout ceci : si je me retrouve un jour enfermé avec ma partenaire de jeu dans un centre spécialisé – avec des pièces capitonnées totalement insonorisées et des lits à contentions intégrées – je doute fort qu’on s’y ennuie une seule seconde. Si seulement on nous laisse y jouer en paix.

 
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